La demande sociale est là, exigeante et attentive : il faut juger ceux qui ont trahi la confiance publique. Mais les juger tous, sans sélection ni spectacle.
Tout simplement juger, dans la dignité d'une nation trompée quatre décennies durant. Mais alors que faire? La délinquance est intégrale. Elle est tout autant délinquance économique que délinquance politique.
L’État marocain des années soixante, soixante dix et quatre vingt n'a pas fraudé qu'en finances et en gestion, il a également fauté en matière politique. Comment faire la différence, ou, pour être exact, de quel droit s'arroge-t-on le privilège de juger à la tête de la fonction?


Surveiller et punir, telle doit être la devise de tout État qui risque les débordements. Or, le Maroc sorti des ornières d'un demi-siècle de surveillance rapprochée de la citoyenneté n'a pas su punir ceux qui le méritent vraiment. Parce que cet État était d'abord un système clientéliste. Il a érigé la servilité en mode d'obédience et la corruptibilité en monnaie de change.


Le résultat est aujourd’hui rebutant : trop de délinquants pour pouvoir rendre vraiment justice.
Regards lucides sur une trajectoire conflictuelle...

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