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Hannah Arendt et la modernité

Dernière mise à jour : 7 juil.

Parce qu’elle célèbre le travail, la consommation et la croissance, la modernité détruit notre monde commun. Pour Hannah Arendt, la désaffection du politique laisse alors la place aux intérêts privés…

Hannah Arendt est une penseuse de la crise. La crise au sens de la dissolution des valeurs à l’œuvre dans la société contemporaine. Mais aussi la crise comme révolution, éruption de l’événement dans le réel. C’est dans la « Brèche entre le passé et le futur », selon le titre de la préface de Crise de la culture (1961), que s’inscrit l’essentiel de son œuvre.


« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », écrivait le poète et résistant René Char. En citant cet aphorisme dans sa préface, Arendt désigne la tâche de l’intellectuel : penser « sans garde-fou » les événements de son siècle. Siècle qui a vu advenir la société de consommation, la conquête de l’espace et la montée des totalitarismes.


Bien que disciple de Martin Heidegger, de Karl Jaspers ou d’Edmund Husserl, Arendt se défend d’être une philosophe. Centrée sur l’homme individuel, la philosophie occidentale est trop éloignée de la pluralité du politique, pour Arendt. Au titre de philosophe, elle préférera celui de « professeur de théorie politique ». Cette opposition aux philosophes occidentaux, notamment Marx et Platon, et cette affirmation de la prévalence de la politique sur toute autre forme d’activité sont au cœur de la pensée d’Arendt.


Céline Bagault I Sciences Humaines