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Biden en Israël avant l’Arabie saoudite : Palestiniens… connais pas !

Pour sa première visite au Moyen Orient, le Président américain, Joe Biden, s’est rendu en premier en Israël où, sans citer une seule fois les Palestiniens, il a vanté le soutien “inébranlable” des États-Unis à l'Etat hébreu, en réaffirmant “l’engagement” de Washington envers sa sécurité.



Synthèse médias - Faisant un tour d’horizon de la couverture médiatique de cette visite, Courrier International cite le New York Times en premier. C’est ainsi qu’il relève que si « la première visite de Joe Biden en Israël depuis son arrivée à la Maison-Blanche “pouvait être résumée en deux mots, ce serait peut-être : Donald qui ? », tout en insistant sur le ton ironique de ce média. C’est en ce sens qu’il reprend texto cette tirade du média new-yorkais :“Un an et demi après le départ de Donald Trump, les dirigeants israéliens ont accueilli son successeur à bras ouverts, comme pour lui prouver que leur histoire d’amour avec l’ancien président n’empêcherait en rien une relation étroite avec le nouveau. 5…) Quant à M. Biden, il semblait tout aussi déterminé à démontrer qu’il a toujours été au premier rang des soutiens à Israël”.


Selon toujours Courrier International, le court discours prononcé par le président américain à l’aéroport de Tel-Aviv ‘’était on ne peut plus courtois’’, sans plus aurait-il pu ajouter : “à mes yeux, notre relation est plus forte que jamais”, alors que le président israélien Isaac Herzog a qualifié Biden de “frère” et que le Premier ministre Yair Lapid comptait ce dernier parmi “les plus grands amis qu’Israël ait jamais connus” souligne le média français.


Partenariat stratégique


Pour sa part, commentant le discours de Biden, Al-Jazeera estime que le Président américain s’est fort peu attardé sur le conflit israélo-palestinien, soulignant de ce fait que ce discours, comme le relève Courrier International par ailleurs, s’adressait “clairement à un public israélien et américain. Il n’y en avait que pour Israël, sa longue histoire avec Israël et à quel point il se sentait lié à Israël ‘’. Al-Jazeera est ici on ne peut plus explicite : « Arriving on Air Force One at Ben Gurion airport on Wednesday, Biden was warmly greeted by Israeli officials and, in a speech, described the US’s connection with the country as “bone-deep” », mettant ainsi en exergue de manière assez cru les propos élogieux de Biden envers Israël : « Vous n’avez pas besoin d’être juif pour être sioniste (…). Je suis fier de dire que les relations des États-Unis avec Israël sont plus profondes et plus fortes qu’elles ne l’ont jamais été ».


Concernant la manière dont le Président américain appréhende le conflit israélo-palestinien, Courrier International cite Al-Jazeera : ‘’la seule solution était la solution à deux États, mais n’a jamais prononcé le nom des Palestiniens”, ajoute-t-elle. “Dans le passé, le discours habituel était qu’aucune normalisation avec Israël ne pourrait avoir lieu tant qu’il n’existerait pas un État palestinien souverain, mais il semble que ce soit désormais de l’histoire ancienne”.


The Guardian confirme que la Palestine - où Joe Biden se rendra tout de même vendredi, pour rencontrer Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne - n’est pas la priorité d’un voyage qui vise surtout à “renforcer les liens de l’État hébreu avec le monde arabe, alors que la région fait face à un ennemi commun : l’Iran”.


Pour le média suisse Le Temps, lorsque Biden « a débarqué mercredi après-midi sur le tarmac de l’aéroport de Tel-Aviv, lunettes de soleil et tout sourire, Joe Biden était en terrain connu. C’est la dixième visite du président américain dans le pays - la première en tant que chef d’Etat ». Ce média souligne, un ton chichement moralisateur, que “Côté palestinien, on n’attend pas grand-chose (…) “Le cœur de la visite du président américain (étant) bien l’Arabie saoudite (sachant néanmoins que) son détour par Israël lui permet de souligner le partenariat stratégique qui le lie à l’État hébreu et qui devrait faire l’objet d’une déclaration commun ».


De fait, la visite de Biden en Israël, comme le souligne Courrier International qui reprend l’analyse de CNN, la priorité donnée par Joe Biden à l’intégration d’Israël dans le monde arabe, au détriment de la résolution du conflit israélo-palestinien s’insère, pour une fois, “ dans les pas de son prédécesseur”. En effet, surenchérit CNN cité par le média français, “Alors que la plupart des voyages internationaux de ses 18 premiers mois de mandat ont été consacrés à prendre le contre-pied de la politique étrangère de Donald Trump et à renouer avec des alliés échaudés”. C’est en ce sens que la première tournée au Moyen-Orient voit, selon le média américain, Joe Biden “valider les accords de l’ère Trump, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes, et encourager la poursuite du développement de leurs liens économiques et sécuritaires”.


La chaine CNN a par ailleurs insisté sur ce côté paternaliste des USA qui, dans la bouche de Biden « continuerons à faire progresser l’intégration d’Israël dans la région, à élargir les forums émergents et l’engagement », a déclaré Biden. « Plus de paix, plus de stabilité, plus de connexion. C’est essentiel. C’est essentiel, si je puis ajouter, pour tous les habitants de la région ».


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Photo : Biden en Israël / CNN