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Bravo mesdames !


Le football féminin, bien qu’il soit une discipline ancienne pratiquée de manière régulière depuis le début des années 1960, n’a eu l’écho qu’il mérite que cet été. Avec deux compétitions internationales, la Coupe d’Afrique et la Coupe d’Europe des nations 2022, nous feignons de découvrir ce sport populaire pris en charge à bras le corps par nos dames.


Pour la petite histoire, le football féminin, ou soccer féminin, raccourci utilisé pour désigner le football lorsqu'il est pratiqué par les femmes, suit exactement les mêmes règles que le football pratiqué par les hommes. Il connaît son âge d'or au début des années 1920, jusqu'au bannissement des femmes des terrains par l'association britannique de football, interdiction qui a duré de 1921 à 1971. En France, l'interdiction faite aux femmes de pratiquer le football, a été instaurée sous le régime de Vichy. Il connaît un essor considérable de ses pratiquantes, grâce notamment au soutien de la FIFA et des associations membres, mais fait l'objet d'un intérêt très mitigé par les médias (source : Wikipedia). D’ailleurs, même lors de la Coupe UEFA 2022, l’Angleterre n’a mis au service de cette compétition féminine de football que des stades de petite ou moyenne capacité. Il faudra attendre la finale (dimanche 31 juillet) pour que la fédération anglaise ‘’cède’’ le stade Wembley aux finalistes !


Comme le reste des questions de société d’importance donc, le football féminin n’a pas bénéficié de la communication qui lui sied. Il a été, sciemment, mis à l’ombre du football masculin. Est-ce injuste ou cela relève-t-il simplement d’un machisme sournois qui ne dit jamais son nom ? Là n’est ni la question ni l’enjeu. Il suffit de relever que la femme a démontré, une fois encore, que lorsqu’elle s’adonne à quelque chose, elle le fait avec passion, rigueur et dépassement de soi.


Celles et ceux qui ont eu la chance de suivre les matches de ces deux compétitions, ont eu le plaisir de voir un football sain, dépourvu de vedettariat vaseux et plein de coups fourrés. Avec la coupe d’Afrique féminine, le monde a vécu au rythme d’une découverte qui fait chaud au cœur : la femme africaine est tout autant professionnelle que son double, ce masculin au triomphe vantard. Avec la Coupe d’Europe féminine, les terrains de foot ont eu le ravissement de vivre au rythme d’un sport qui ne connait ni temps mort ni jeu fastidieux où la simulation n’a aucun droit de cité.


Les footballeuses africaines et européennes ont ainsi donné une belle leçon de sport où tout est ravissement : compétition passionnée, jeu franc et vide d’agressivité gratuite, voire coupable contre l’adversaire. Tout se joue avec une seule finalité, gagner de la plus belle des manières, sans triche, sans contestation indignée ou gestes flagorneurs, sans remise en cause coupable ou véhémente des décisions de l’arbitrage, le tout dans une atmosphère de spectacle qui fait vibrer les supporteur.e.s.


Mieux, les équipes féminines qui ont réussi et qui ont émerveillé nos sens lors de ces deux tournois (africain et européen) ont des entraineures femmes (Afrique du Sud d’un côté et Angleterre, France et Allemagne de l’autre côté). Et ces femmes entraineures ont mis KO les hommes entraineurs à tous les coups.

Bravo mesdames ! Najib BENSBIA - FOCUS

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Photos : Equipes féminines de football du Maroc et d'Angleterre