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Dernière mise à jour : 28 avr.

Dans les recoins, Ô combien nombreux ( !) du cerveau humain, les cases sont classées selon le degré d’intelligence des individus. C’est ainsi que les hommes (dont les femmes bien entendu) sont répertoriés idiots, simples d’esprit, attardés mentaux ou tout simplement bébêtes à mourir, selon le cas d’espèces en vedette à un moment historique donné.


Par Najib BENSBIA I Cela va de la vie de tous les jours, en passant par les fièvres conjugales, pour finalement élire domicile dans la politique, l’infernale et combien attrayante politique. L’Homme, celui qui estime que sa vie n’a de sens qu’à travers l’inventaire de valeurs incontournables et incessibles, raisonne donc par classifications et priorités. L’idiot ou le bébête, quant-à lui, voit les choses du recoin de sa fissure mentale. Mal lui prend quand il s’essaie à réfléchir ou à raisonner. Il perd non seulement le sens de son éternelle étourderie, mais il coince dans l’insondable focus de sa bêtise.


Le lecteur l’aura remarqué depuis presque une année, ‘’La Vérité’’ a livré une lecture continue et assidue du jeu politique et partisan marocain sous la loupe des préparatifs des élections législatives du 27 septembre 2002. Pour participer au débat national engageant la représentativité partisane, notre hebdomadaire a estimé utile et nécessaire à la fois de faire l’état des lieux et, chemin faisant, de cibler les priorités. A l’aube du 3è millénaire, il était inconcevable pour ‘’La Vérité’’ de cautionner la surenchère démagogique, tout en relevant néanmoins les failles remarquées chez les principaux protagonistes du politique marocain. Dans cette traversée, il était évident que deux catégories d’acteurs devaient passer sous la loupe de nos journalistes.


La première catégorie, au gouvernement, a été ‘’jugée’’ dans ce qu’elle est  - ce qu’elle était -, une majorité gouvernementale avec pertes et profits. Quand il était nécessaire de donner des cartons jaunes ou rouges au gouvernement de M. Youssoufi, nous l’avons fait, au risque de harasser nos amis, parce que nous en avons au sein des partis de la majorité sortante. Mais, quand il fallait apprécier l’effort réalisé et entretenu, ‘’La Vérité’’ l’a fait d’autant à l’aise qu’elle n’attend rien de personne, même pas de ses amis, sauf peut être de continuer à soutenir nos efforts de rester critiques et vigilants à la fois. Ce qui n’est pas toujours aisé, puisque le journaliste peut passer de l’observation rigoureuse à l’insulte en un tour de phrase si l’éthique est absente de son regard. La malveillance a toujours été d’actualité dans le journalisme.


La deuxième catégorie d’acteurs, figés dans l’opposition, a été également notre cible d’analyse. Nous lui avons donné la parole à chaque fois que l’intérêt national et du lecteur l’exigeait. Cela dans le désintéressement total.


Cependant, lorsqu’il s’est agi de choisir entre les candidats à la gestion des affaires de l’Etat et du citoyen, nous n’avons pas hésité, et nous n’hésiterons jamais à faire le choix de la raison, dans le cadre de ce qu’offre la scène politique et partisane marocaine. Car, quand bien même voudrait-on le meilleur et le plus beau pour le pays, nous ne le ferons que dans l’existant. Celui-ci est un champ clos. Il y a la majorité d’avant 1998 et la majorité d’aujourd’hui. Entre les deux, le champ de sélection est bien cadré, pour nous en tous les cas. En cela, l’obscurantisme et le totalitarisme, de quelque divinité ils se réclameraient, nous les rejetons dans l’absolu téméraire.


En cela, notre choix n’est pas une caution irréfragable. Notre choix est alerte et taciturne. Nous ne sommes ni borgnes ni bigles. Le courage est de le dire à nos amis, sachant que nous ne sommes en compétition qu’avec la qualité, dans l’analyse comme dans le commentaire.


Billet du 10/10/2002