Formes biologiques sauvages

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Comment ? Ça ne nous regarde pas ?!


Une fois n’est pas coutume, je vais faire une chronique « internationale », ou plus exactement sur un sujet international, plus précisément, franco-français. La France, c’est à la fois notre ex-protectrice et notre toujours voisine, et la langue française est la 2ème langue officielle dans notre enseignement, ou, je ne sais plus, parce qu’avec toutes ces tergiversations sur la constitutionnalité de la langue amazigh, peut-être qu’elle est devenue 3ème.


Par Mohamed Laâroussi


Il est même probable qu’on la dégringole à la 4ème place car on parle de plus en plus de la nécessité de la remplacer par l’anglais, et dans les meilleurs délais, car cette langue serait bénéfique pour nous parce que stratégique, alors qu’à part certains de nos managers modernes, un ou deux de nos ministres, et quelques-uns de nos faux guides, peu de gens la parlent chez nous.


Pardon, je m’égare. Revenons à l’international et à la France.


Donc, disais-je, ma présente chronique va aborder un sujet Français et vous avez sûrement deviné lequel. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois, car j’ai commencé à le faire depuis déjà plusieurs jours, sur d’autres supports. Et je le fais avec autant de plaisir que de joie, d’abord parce que c’est mon droit et qu’aucune loi ne me l’interdit, ensuite c’est pour embêter certains qui, à défaut de pouvoir me l’interdire, voudraient m’empêcher de « fourrer mon nez dans les affaires d’autres pays », enfin parce que j’estime que mon pays, mon peuple, et donc moi-même, sommes parfaitement concernés par les élections présidentielles, aimera qui veut et détestera qui veut, comme on dit en bon arabe classique, notre 1ème langue officielle que d’ailleurs, elle aussi, n’est pas parlée par beaucoup chez nous, mais ça, c’est une autre histoire.


Bien sûr, nous sommes entre les 2 tours, et les Français de souche ou pas, les vrais ou les naturalisés, ceux de la métropole ou ceux d’outre-mer, et tous les autres, y compris ceux que certains n’en veulent plus et aimeraient tant et très vite les renvoyer chez eux, bref, tout ce monde-là est appelé à choisir entre 2 candidats, ou plutôt un candidat et une candidate qui se connaissent bien puisqu’ils ont déjà eu l’occasion, il y a 5 ans, de croiser le fer, au bénéfice du premier qui espère rééditer un exploit qui était beaucoup plus facile qu’aujourd’hui.


Macron ou Le Pen, qui choisir ?


Je n’ai pas à dicter le choix à qui que ce soit, non pas parce que, comme on dit chez nous en bon marocain, ce n’est pas mon souk, au contraire, c’est aussi le mien, mais parce que chacun est libre de voter pour qui il veut. Ou pas. En fait, ce n’est pas si simple.


Tenez ! Prenons les Français et les Françaises qui ont choisi, pour une raison ou pour une autre, par amour de notre pays, du conjoint, pour des raisons professionnelles ou juste de confort personnel, sans parler de tous ceux et de toutes celles qui sont aussi marocains et marocaines que vous et moi, mais qui, les chanceux et les chanceuses, ont, en plus, la nationalité française. Tous ces gens-là, vivent, avec nous, dans notre bled, et en général, assez bien, et ils et elles sont toujours les bienvenu(e)s et doivent se considérer, et se considèrent déjà, comme chez eux.


Sauf que, lors du 1er tour de ces élections, plus de 11 % d’entre eux ont voté pour Marine Le Pen et Eric Zemmour, les deux candidats les plus xénophobes, les plus anti arabes, anti-musulmans et anti-africains, bref, anti-étrangers. On peut même dire qu’ils sont plus de 12 %, si on compte les voix de Nicholas-Dupont-Aignan, l’autre larron qui croit dur comme fer que les immigrés, bien entendu, non européens, sont une des causes principales de tous les problèmes de la France et des Français.


Alors, je ne suis pas le seul à m’être étonné de ces scores hideux réalisés dans un pays où tous les Français, dans toute leur singularité plurielle, ou leur pluralité singulière, vivent plutôt bien, disais-je, mais, en plus, bénéficient de la considération, l’estime et l’affection de la population « autochtone » marocaine.


Mais qu’est-ce qu’on vous a fait ? Qu’est-ce que vous n’aimez pas chez nous et que vous aimeriez changer, ou plutôt faire changer par le futur Président ou la future Présidente de votre pays, celui où d’ailleurs, vous ne vivez même plus ?


Je m’adresse particulièrement aux plus de 20 % et 25 % qui vivent sous le beau soleil et le ciel bleu respectivement de Marrakech et d’Agadir, et qui ont voté pour ces sinistres énergumènes.


Certains vont me rétorquer, comme ils l’ont déjà fait, que je n’ai rien compris, et que s’ils ont voté pour Zemmour et Le Pen, ce n’est pas parce qu’ils épousent leurs thèses racistes, mais que ce serait plutôt un vote « de protestation ». Certains sont allés même jusqu’à nier que ces 2 candidats soient xénophobes, et d’autres comprennent qu’ils soient si agacés par « les racailles » qui sévissent « là-bas » et qui seraient, illico-presto aussitôt un de ces candidats élus, renvoyés « chez eux », autrement dit, renvoyés, entre autres, chez nous.


C’est une honte, Oui, et je n’ai pas peur de vous le dire, moi, en face, à visage découvert. Moi, je ne me cache pas derrière un vote secret, comme vous, pour vomir votre haine de l’étranger, même si vous vivez, et très bien, je le répète, dans le pays de cet étranger.

Eh bien, voyez-vous, ne serait-ce que pour cette raison, je continuerai de « fourrer mon nez », entre autres, dans vos élections ». Je vais me gêner !


En attendant le résultat qui, je l’espère profondément, va renvoyer Marine Le Pen à ses sbires et à ses chats, je vous souhaite, à vous, c’est-dire tous les autres, ici, ailleurs et partout, je vous dis à la semaine prochaine.