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Elections présidentielles françaises : Scénario du pire... ou pas !

Dernière mise à jour : 13 avr.

Le 1er tour des élections présidentielles françaises ont donné leur premier ‘’miracle’’ : Marine Le Pen talonne de très près le Président sortant, Emmanuel Macron ! Certes, certains sondages montraient déjà les signes de la montée en puissance électorale de la présidente du parti d’extrême droite grâce, notamment, au vomi que provoque l’autre larron de cette tendance chez la grande majorité des électeurs français. Or, même les plus optimistes des sondeurs ne prévoyaient pas cet écart si mince entre une vétérane de l‘extrême droite et un ‘’battant’’ de la droite édulcoré aux nuances de gauche.



Par Najib BENSBIA - Les résultats de ce premier tour impose néanmoins une deuxième conclusion, évidente si l’on se réfère aux chiffres donnés de ces élections primaires et l’appel au vote utile : la dame Le Pen sera battue, comme en 2017, par le même adversaire plus renforcé que jamais, Macron l’inévitable par ces temps politiques français englués dans la guerre russo-ukrainienne et les séquelles encore vivaces et agissantes du coronavirus.


Certes, ce pronostic procède de la logique et de l'esprit alerte face aux dérives autoritaristes dont le Front national est l'illustre archétype. Mais en politique, la logique et la rationalité ne sont pas toujours de mise, surtout lorsque l'opinion publique est échaudée par le contre-coups et les surcoûts engendrés par une gouvernance qui sème et récolte la méfiance telle celle menée par Emmanuel Macron et sa LREM.

Lire dans cet ordre d'idées : Montée de l'extrême droite en France et conquête des esprits

Des résultats croisés et ‘’miraculeux’’


En effet selon les résultats du 1er tour de ces élections présidentielles, E. Macron a obtenu 27,84% contre 23,15% pour M. Le Pen. En se fiant aux consignes de vote données par les candidats perdants aussi bien de la droite que de la gauche (avec toutes les réserves d’usage pour cette conceptualisation désormais désuète), le candidat LREM devrait récolter les voix de la France Insoumise (21,95%), de LR (4,78%), du PS (1,75%), alors que les Verts (4,63%) sont encore dubitatifs mais devraient, en bonne logique de positionnement, se rallier à la candidature Macron au 2è tour.


En face, le lamentable score du 2è larron de l’extrême droite, ayant récolté 7,07% des suffrages, n’a pas encore décliné ses intentions de vote pour ou contre Le Pen, sa colistière de l’enfermement idéologique, l’abêtissement culturel et la haine de l’Autre quel qu’il soit.


En bonne arithmétique donc, Emmanuel Macron devrait disposer aisément d’un score de 56,32% du corps électoral votant au deuxième tour, sans compter les indécis, le vote écologique et les restes. Certes, entre l’appel des leader de partis opposés à l’extrême droite et ce que feront concrètement le militants et sympathisants de ces différents partis, il n’y a aucune certitude. Car, il faut bien le reconnaître, une bonne partie de la société française ne veut plus de Macron comme Président. Par ailleurs, tous les radicaux, de gauche, de droite et d’extrême droite (avec, là aussi, les réserves d’usage quant-à la portée de ces qualificatifs) vouent une haine organique au patron de La République en Marche pour différentes raisons, dont une majeure : ils ne veulent pas d’un monarque déguisé en démocrate.


La troisième conclusion, la plus saillante en fait et la plus cinglante, concerne le désaveu sans appel et de la droite classique (Les Républicains) et de la gauche traditionnelle (Parti Socialiste) par la quasi-totalité du corps électoral français. Les candidates Pécresse (pour les premiers) et Hidalgo (pour le second) ont été purement et simplement laminées, l’une ayant péniblement totalisé 4,78% des votants et l’autre une bien aigre talonnade de 1,75% ! De quoi ‘’exiger’’ une véritable refonte de toute l’organisation, la stratégie, le fond idéologique et culturel de ces deux partis qui ont fait l’histoire politique de la France 7 décennies durant.


Voici les résultats définitifs de ce 1er tour des élections présidentielles françaises

du 10 avril 2022

Il faudra noter ici, fait symbolique s'il en est, que Jean-Luc Mélenchon a obtenu 40,24 % de voix des résidents français au Maroc (la plus grande communauté du continent africain), dépassant ainsi Emmanuel Macron (37,88 %), et de très loin Marine Le Pen (4,5 %). L'extrême droite totalise néanmoins quelques 11% des vois françaises au royaume, ce qui devrait alarmer les autres partis, notamment LREM.


Le Pen Présidente ? Une descente aux enfers !


Les 15 jours séparant le 1er tour du second, prévu le 24 avril prochain, seront d’une importance capitale pour le candidat Macron, qui doit convaincre les indécis et les récalcitrants de ne pas aller gonfler les rangs des abstentionnistes (26,31%), ce qui ne servirait aucunement les atouts du candidat LREM face à Le Pen qui pourrait, en revanche, ‘’racoler’’ tous les déçus du Président sortant.


Il est d’une limpide évidence que ce ralliement de l’invective ne sert pas du tout ceux qui voudraient sanctionner Emmanuel Macron. Pire, ils le regretteraient au lendemain même de cette élection et le paieraient de/dans leurs libertés, leur sécurité et leur devenir, tant le projet sociétal de la candidate phare de l’extrême droite est obscur, ne dit pas son vrai nom et pourrait précipiter la France dans les couloirs de l’instabilité institutionnelle, structurelle et politique.


Ce scénario du pire est, en toute logique, inenvisageable, malgré le fait qu’un certain sondage ait prévu cette éventualité en comptant sur les mécontents du mandat Macron. En fait, la logique des chiffres ne trompe et ne se trompe jamais. Et celle-ci est pour le candidat LREM, quelle que soit la frénésie électorale qui prendrait les votants le dimanche 24 avril prochain. De toutes les façons, les Français devraient réfléchir par un million de fois avant de mettre sur les rails ce scénario de la défaite. Tant bien que mal et quelques fussent les erreurs de gestion du mandat Macron, celui-ci a permis aux Français de garder la tête hors de l’eau, contrairement à de nombreux pays européens, qui ont connu des sueurs bien froides face au Coronavirus et à la crise engendrée par l’impact de cette pandémie.


Certes, les citoyens français ont perdu beaucoup de leurs libertés, de leur pouvoir d’achat, de leur bien-être collectif. Il y en a même qui ont été détruits par cette crise. Pire même, le traçage des Français par des logiciels et applications invasifs, la violence policière et l’encerclement de la société par des lois liberticides sont à comptabiliser au passif du bilan Macron.