Formes biologiques sauvages

FOCUS
L 'info autrement...

France politique toxique : Un Président sans majorité décisive face à une opposition des extrêmes

Dernière mise à jour : 23 juin

Et si ‘’Ensemble’’ le macaroniste s’allie au Rassemblement lepéniste. Après tout, face aux scénarii de l’impossible dans lesquels le scrutin législatif de juin 2022 a mis le Président en exercice, que reste-t-il à ce dernier pour gouverner ? Une alliance avec Les Républicains, ce ‘’petit’’ parti électoral qu’il est devenu, parait, en effet, être le choix le moins toxique de la conjoncture politique actuelle bardée de toutes les ruptures. Mais cette alliance semble être rejetée par LR. Alors commençons par les débuts : A quels choix cornéliens la France est-elle confrontée depuis le 19 juin dernier ?



Najib BENSBIA I FOCUS - La France a voté. Elle a donné un tableau des plus compliqués pour une vie publique qui sera chaude en esclaffe : Les Républicains (parti traditionnel de gouvernement) sont réduits à peau de chagrin et l'Assemblée compte désormais une opposition béton constituée de deux extrêmes : La NUPES (gauche + Gauche radicale) et le RN (Rassemblement National), Que faire ? C'est la question qui taraude l'esprit, les méninges et le tout Macron Président de la république française.


S'allier Les Républicains serait l'option la moins couteuse de toutes. Mais ces derniers claironnent qu'ils ne veulent pas ‘’fraterniser’’ avec les macaronistes. C'est un peu péter plus haut que son c... mais passons. Comme il est du domaine de l’insulte suprême qu’Emmanuel Macron demande à Jean-Luc Mélenchon de s’associer à lui pour gouverner la France, que reste-t-il au Président fraichement élu pour aller au travail ? - Marine le Pen de toutes les dégradations ! Néanmoins et avant d'aboutir à ce choix de l'impossible mais qui reste, pourtant, celui du sauve-qui-peut, et alors que l'on chuchote depuis mardi 21 juin un gouvernement d'Union nationale, chuchotements balayés par Macron dans une courte allocution mercredi 22 juin, approchons la gouvernance qui se prépare à l'aune des scénarii envisageables et qui sont, pour certains, un affront à l'entendement démocratique.


Jamais, de mémoire électorale française, des élections n’ont été aussi problématiques. La composition de l’Assemblée nationale française devra, en effet et en permanence, jouer des équilibres pour que le gouvernement ne soit pas mis en minorité. Avec une majorité présidentielle relative (245 sièges), une opposition binôme très forte (NUPES : 131 sièges et RN : 89 sièges + divers), l’Exécutif français devrait constamment compter sur la mobilisation de tous les instants de ‘’sa’’ majorité, avec tous les impondérables que cette mobilisation entraine, pour éviter qu’au moindre relâchement le gouvernement ne vole en éclats et ses projets rejetés par une opposition qui est décidée à mener la vie impossible, voire explosive au Président et à son gouvernement.


Résultats officiels des législatives de juin 2022


Scénarii du pire et inconciliables


Dans cette association des extrêmes, le politique français fera face, dès le 22 juin 2022 avec l’entrée en exercice de la nouvelle Assemblée nationale, à deux situations inconciliables : 1/ La majorité gouvernementale, qui devrait être contractée après coalition entre ‘’Ensemble’’ (majorité présidentielle) et ‘’Les Républicains’’, pourrait s’exercer sans accrocs de circonstances, donc réalisée sur un compromis stable qui pourrait satisfaire le parti d’appoint que sont LR, qui s’auto-identifie d’ailleurs comme étant un ‘’parti de gouvernement’’. Et bien qu’il soit le groupe le plus minoritaire parmi les grands partis français (61 députés), il reste tout de même et de manière extravagante le partenaire qui peut sauver Macron d’un désastre politique qui pèsera sur son mandat en permanence le long des 5 prochaines années.


2/ Dès les premières semaines, voire les 1ers mois de son exercice, la majorité (Ensemble + LR) donnant des ailes, le Président Macron ne verrait plus qu’une ‘’solution’’ de sauver ses meubles et sortir d’un engrenage peu enviable dans lequel l’ont plongé les législatives : dissoudre le parlement et engager de nouvelles élections. Pari coûteux bien sûr, épreuve compliquée dont l’issue est incertaine évidement, mais qui restent la seule alternative pour que le Président de la république en exercice ne courbe l’échine jusqu’à se faire écarteler les côtes à droite comme à gauche (image de synthèse s’il en faut !).


3/ Un scénario tertiaire des plus chaotiques est plausible : Il n'est pas impossible que Les Républicains ne s'allient pas à ''Ensemble'' (ou alors au cas par cas lors du vote des lois) si l'on en croit les déclarations de quelques ténors LR. Peu probable mais envisageable si l'on analyse le politique français à la loupe de l'opportunisme glauque, surtout que LR disposent de la majorité au Sénat qui joue un rôle important dans la confection des lois et le contrôle du gouvernement. Cela voudrait dire que Les Républicains devraient être instamment sollicités et qu'ils gagneraient à bien négocier leur participation au gouvernement. De fait, ils ont plus à perdre qu'à gagner en acceptant de faire partie du gouvernement post juin 2022. En cas de dissolution précoce de la Chambre des Représentants ou de fin de mandat, ils pourraient être davantage sanctionnés par les électeurs pour avoir permis à Macron de terminer son mandat présidentiel. Bref, la participation des LR, bien qu'elle soit la mieux indiquée pour ''Ensemble'', n'est pas exempte de complexité pratique.


4/ La démission d'Emmanuel Macron. Inenvisageable : C'est ce que d'aucuns pourraient crier, sachant que si cela peut être du domaine du possible, c'est que le patron de LREM, ayant une haute conception de l'intérêt général et vouant un véritable culte à la stabilité de la république, décide de dire définitivement adieu à la Présidence puisque, selon l'article 6 de la constitution française(*), aucun Président ne peut exercer + de deux mandats consécutifs. Ce scénario, bien qu'il soit fictionnel, vient en corrélation avec le scénario 3 supra. Car, face aux blocages qui viendraient de toutes parts, la seule option qui reste est justement celle la plus improbable : la démission du Président en exercice.


Péripéties antagoniques donc que les élections ‘’originales’’ de juin 2022 imposent à un Chef d’Etat qui, en interphases électorale, a regardé de haut ses adversaires en ne voulant ni débattre avec eux des grands sujets de la France en crises (plurielle bien entendu) ni aller vers le ‘’peuple’’ des électeurs qui ont pris cela pour du dédain. Le résultat est des plus délictueux : Une France au bord de l’implosion. Il ne s’agit pas ici d’une image de style, mais d’un véritable risque que court la Vè République à terme ou à moyen terme. D’où le choix cornélien d’élections anticipées, avec leur lot de dissolution parlementaire, de période transitoire on ne peut plus précaire et pouvant aboutir à toutes les dérives, notamment des échéances électorales anticipées dont le Président et sa majorité relative actuelle sortiront les grands perdants.


Rappelons-le pour la codification : depuis 1981, aucun Président n’a pu compter sur une majorité absolue durant deux mandats successifs (Mitterrand, obligé de gouverner en cohabitation titubante avec le RPR de Chirac en 1986) ou se faire éjecter du perchoir aux élections suivantes (Chirac, Sarkozy - 2012 et 2017). Or, tout en obtenant néanmoins une majorité relative lors de son 2è mandat, Emmanuel Macron sera tout de même soumis au diktat des LR, pourtant parti minoritaire (bon dernier de la classe des ‘’Grands’’ du système partisan français). Situation shakespearienne s’il en faut, en ce sens que le Président ne pourra pas