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G20 Finance : Le contexte géopolitique fait tanguer la réunion des argentiers du G20

La réunion des ministres des Finances du G20 s’est ouverte vendredi 15 juin en Indonésie avec, comme ordre, du jour trois grandes thématiques : Commerce international, inflation et craintes de récession. Fait marquant : de nombreux absents sont à déplorer.



Bilan.ch - Cette réunion a été évidemment dominée par les répercussions de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur l’économie mondiale. Elle intervient avec en toile de fond une accélération de l’inflation et un assombrissement des perspectives de croissance à l’échelle mondiale.


Énergie et alimentation


Les discussions devaient initialement porter sur la meilleure façon d’encourager le retour de la croissance après la pandémie de coronavirus mais c’est l’impact de la guerre en Ukraine, avec les crises alimentaires et énergétiques, qui est à présent en tête des priorités. «Nous sommes très conscients du fait que le prix de notre échec à nous mettre d’accord est plus élevé que ce que nous pouvons nous permettre», a averti à cette occasion la ministre indonésienne. «Les conséquences humanitaires pour beaucoup de pays à faibles revenus seraient catastrophiques».


À la veille de la réunion, la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen avait estimé que «le plus grand défi» pour l’économie mondiale venait de la guerre en Ukraine en soulignant que «les représentants du régime de Poutine ne devaient avoir aucune place à ce forum». «Nous voyons des retombées de cette guerre dans tous les coins du monde, en particulier en ce qui concerne les prix de l’énergie et la montée de l’insécurité alimentaire», avait-elle noté.


Russie or not Russie isn’t the right question


Les discussions devraient refléter une ligne de fracture entre les Occidentaux qui veulent isoler économiquement Moscou et les grands pays en développement opposés aux sanctions contre la Russie, avec la Chine dans une position clé. Le ministre russe des Finances Anton Silouanov doit assister à la réunion virtuellement, alors que son homologue ukrainien Serguiï Marchenko a aussi été invité à s’exprimer via internet.


Janet Yellen avait participé en avril à un boycott de la réunion du G20 quand des responsables russes avaient pris la parole à Washington. La réunion s’était terminée sans communiqué final. Faute d’un consensus entre les pays sur les causes des problèmes économiques actuels, et la responsabilité de la Russie, la publication d’un communiqué est à nouveau incertaine.


«C’est un G20 qui s’engage dans un contexte très particulier», a indiqué une source du ministère français des Finances avant la réunion. «Ce contexte crée des risques sur les pays pauvres et émergents, liés à la normalisation des politiques monétaires et aux risques de contraction du crédit».


De nombreux absents à déplorer


L’Indonésie, pays hôte du G20 cette année, a voulu rester neutre et n’a pas cédé aux pressions occidentales lui enjoignant d’écarter la Russie des réunions. Si les ministres des Finances de l’Italie, du Canada, de l’Inde ou d’Afrique du Sud, notamment, se sont déplacés, de nombreux pays ont envoyé des représentants de moindre niveau.


La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde devait participer à distance ainsi que les ministres chinois et brésilien, tandis que le président de la Banque mondiale David Malpass sera absent. La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, qui a mis en garde mercredi contre des perspectives économiques mondiales qui «s’assombrissent», devait participer en personne. La France est représentée par le directeur général du Trésor et par le gouverneur de la Banque de France.


Les grands argentiers doivent discuter des solutions pour alléger l’impact de l’inflation et des crises alimentaire et énergétique sur les pays les plus fragiles. L’inclusion financière et la réforme de la taxation mondiale devraient aussi être au menu.


L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) doit présenter un rapport d’étape sur la réforme mondiale de l’imposition, avec un taux d’impôt minimum d’au moins 15% sur les bénéfices des multinationales. Sa mise en place a été reportée à 2024, contre mi-2023 prévu initialement.


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Photo : NAGI/POOL/AFP