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L'an 2022 et la variable de vivre avec...

Dernière mise à jour : 28 avr.

Najib BENSBIA I Dernière mise à jour : 3 janv. 2022


Il aurait été plus édifiant, voire plus agréable d’écrire ici même, avec optimisme et détermination, que l’an 2022 serait l’année de tous les défis, de l’espérance d’une vie normale retrouvée et que tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Si l’on faisait cela, personne ne le croirait. Peut être pire, on nous prendrait pour des extra… dans le meilleur des cas, des sous doués doublés de crétins pour le moins. Or, à ce stade de la pandémie du coronavirus, le plus que l’on puisse dire, c’est que l’année 2022 ne pourrait pas être pire que la précédente.


Par Najib BENSBIA - Le constat amer est donc celui-ci : l’année qui commence ressemblera, dans ses premiers mois en tout cas, davantage à la précédente plutôt qu’en rupture avec elle. Deux points majeurs de différence cependant, qui incitent à l’optimisme : Malgré l'augmentation du nombre de cas fin décembre et un certain sentiment de déjà-vu qui l'accompagne lors des deux premiers jours de la nouvelle année, 2022 serait positivement différente que les deux années précédentes. Cet espoir nous vient ne serait-ce que parce que nous sommes majoritairement vaccinés - du moins sans les antivax - et que nous ne pourrons vivre au rythme des rocambolesques péripéties de l'an 2021 alliant dol, fraude et déconnexions à la chaine à une si grande échelle jamais connue. Ce qui nous fait croire que nos chances d'éviter le chaos sont réelles et s'annoncent meilleures et...

... Sous des auspices plutôt moins douteux


Nous disposons aujourd’hui, en effet, de plusieurs vaccins fiables qui ont dépassé le stade expérimental, du moins aux États-Unis, en Europe et dans certains pays du Sud. Pourrait-on alors croire que 2022 ne soit plus définie principalement par la traversée de ce virus et, de ce fait, que l'action sanitaire ne focalise plus autant et en constance l'attention et ne soit plus le seul défi des politiques publiques. Autrement-dit, 2022 serait-elle meilleure que les deux années précédentes, en cela que parler du virus passerait à une deuxième échelle, voire une troisième échelle d'intérêt plus bas ?


Ce qui pourrait être plus rassurant en effet, c'est de savoir que dans d'autres domaines, l'an 2022 ne pourrait pas être pire que l'année précédente. Souvenons-nous : 2021 a été, en plus d'avoir enregistré la plus haute flambée de contaminations en fin de parcours à l'échelle mondiale, a été également et surtout le temps fort des coups tordus en Ligne tels, à titre d'exemple illustratif sans plus, la panne mondiale de connexion à internet, Vol de numéros de sécurité sociale de citoyens américains, Attaques par rançongiciel contre Colonial Pipeline ou encore contre la chaîne d’approvisionnement d’Accellion, Fuite de données chez LinkedIn et Facebook, panne systématique des trois réseaux affiliés Facebook (WhatsApp, Instagram et Facebook) , Cyberattaques contre l’armée belge, contre le Gouvernement du Québec ou encore contre Microsoft, 5.5 milliards de USD de pertes estimées chez Axa Assurance France, Attaque d’ACER par ransomware avec une demande de rançon de 50 millions USD, etc. (Merci Challenge pour ce récap catastrophique !).


Certes, nous faut-il rester lucide et s'avouer que l'an 2022 sera, néanmoins et de toute évidence au vu de la plongée en profondeur d’Omicron, aussi imprévisible que les deux premières années de ce satané covid. La première année de la pandémie (2020) s'est en effet illustrée par son Delta, alors que 2021 s'est terminée par une nouvelle variante - aussi consternante et potentiellement plus transmissible que le delta -, qui s'est rapidement propagée à travers le monde, replongeant nombre de pays dans la prise de mesures drastiques de privation de la liberté, de conditionnement asphyxiant aux dispositifs sanitaires, etc, Ce qui augure d'un fait plus que probable : A force de limitations à nos libertés, le seuil du tolérable risque d’être rompu.


A quoi s’attendre donc durant cette troisième année mondiale de lutte contre le coronavirus ? Si les experts (et les journalistes) ont appris quelque chose au moins, comme le souligne le Washington Post dans une sidérante chronique, c’est de ne jamais plus faire des prédictions avec le Coronavirus, et encore moins en sous-estimer l’acuité et la circulation. À maintes reprises en effet, ce virus a dérouté les meilleurs scientifiques à l’échelle mondiale. Il a ainsi fait preuve d’ingéniosité en se transformant de manière plus létale, peut-être moins dangereuse mais aussi contaminante. Par ailleurs, Omicron réagit de tellement de façons face aux vaccins que nul ne peut présager de ce qu’il en adviendrait dans le futur proche ou à terme.


La normalité n’est pas encore à l’agenda du possible


Une chose semble donc s'imposer d'elle-même cependant : nous ne reviendrons pas de sitôt à la normale. Et il faudra bien l’intérioriser.

L'administration sanitaire de tous les pays, subissant frontalement une contamination record et allant crescendo, a compris que les vaccins à eux seuls ne permettront pas de maîtriser cette pandémie, notamment avec cette fronde contre le vaccin où tout un pan de la société mondiale refuse de se faire vacciner, même si les vaccins sont gratuits et disponibles. Les autorités sanitaires un peu partout dans le monde recommandent, en conséquence, de manière plus dramatique le port du masque et le respect des gestes barrières, qui sont imposés par le fait qu’Omicron a infecté de nombreuses personnes déjà complètement vaccinées (aux 2 doses et même le boost de rappel - 3è dose). Il n’y a donc pas de répit et on doit agir en conséquence.


Alors que les autorités un peu partout dans le monde ont consacré plus de temps et d'argent à d'autres outils pour gérer la pandémie, y compris les tests rapides et les antiviraux, nous resterons confrontés à des défis sur tous les fronts au cours des prochains mois, voire les prochaines années. Et, en cela, les antiviraux, qui ne semblent pas poser problème aux anti-vaccin, constitueront un atout supplémentaire dans le traitement des personnes infectées, tout en sachant qu’Omicron peut échapper à certains traitements existants, dont les vaccins notamment.


A cet égard, deux nouvelles pilules faciles à utiliser ont été récemment autorisées par les autorités américaines, ce qui pourrait encourager d’autres Etats à faire de même. Par ailleurs, l’on sait que des tests rapides peuvent aider à empêcher la pandémie de devenir incontrôlable, ce qui constitue un encouragement supplémentaire favorisant une politique publique sanitaire plus volontariste.

Cette triple action (vaccins, antiviraux et tests) permettra aux gens de reprendre leurs activités quotidiennes de manière plus sûre, même si certains pays se sont reconvertis une deuxième fois, sous la pression des contaminations, au travail à distance (télétravail) pour limiter l’accélération croissante des infections. Or, l’on sait que, selon le pays, la demande médicamenteuse induite par Omicron a provoqué des pénuries et des retards aussi bien en vaccins qu’en médicaments antiviraux. Cela n’augure guère de meilleurs lendemains sur ce plan, du moins à court terme.


Nous préparer à vivre constamment avec ce virus

La seule certitude sur laquelle s’ouvre 2022 au final, c’est que le coronavirus ne va pas disparaître par enchantement. Il existe même un risque majeur que ce virus ne le fasse probablement jamais, selon certains virologues et épidémiologistes. Il faudra donc nous y habituer et faire avec. C’est la seule attitude réaliste, en l’état actuel des choses sanitaires et en tout état de cause, qui soit plausible pour que l’Humanité aille de l’avant. L'objectif est que ce risque s'apparente davantage à celui de la grippe saisonnière - comme le souligne la même chronique du Washington Post : les personnes vaccinées peuvent la contracter mais ne courent pas un risque majeur d'hospitalisation ou de décès si elles sont vaccinées et, de toutes les manières, respectent les gestes barrières.

La bonne nouvelle en ce nouvel an 2022 est que nous avons parcouru un long chemin depuis 2020-21. Les vaccins nous ont protégés des formes graves de contamination face aux variants du Covid-19. La recherche scientifique et médicale s’oriente vers d'autres traitements, les uns (les comprimés anti-Covid) récemment autorisés et d’autres sont en cours. Et, ce qui est important à souligner, c’est que dans tous les cas de figures envisageables, les professionnels de la santé estiment, dans leur quasi-unanimité, que les masques et les gestes barrière nous aident à nous protéger les uns les autres, les uns des autres, et les tests, dans leur variance, sont de plus en plus faciles à faire, ce qui permet la prévention avant la fatidique hospitalisation.