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L'Axe Rabat-Tel Aviv vs Alger-Téhéran...?

Dernière mise à jour : 14 juil.

Le Maghreb semble converger vers une véritable lutte d’influence entre Israël et l’Iran, le premier pays soutenant désormais et ouvertement le Royaume du Maroc contre les visées bellicistes des militaires algériens, alors que Téhéran semble être une bouée de sauvetage, même tactique, pour Alger.



Par Najib BENSBIA - Le bras de fer guerrier qu’impose le complexe militaro-politique algérien au Maroc risque de faire exploser toute la région, tant la tension de ces derniers mois, depuis la reconnaissance par les USA de la marocanité du Sahara récupéré des Espagnols en 1975, est devenue une sorte de bombe à retardement.


Sous fond d’une adversité qui va en se complexifiant, les relations tendues entre le Maroc et l’Algérie faisant pointer le spectre d’une confrontation en sourdine d’Israël et de l’Iran, le premier ayant signé le 22 novembre dernier un accord de coopération avec le Royaume alors que l’Algérie se sent acculée à se tourner vers l’Iran pour faire équilibre à cette nouvelle donne géostratégique régionale.


Un conflit d’influence stratégique


Ce conflit d’influence dure depuis longtemps, à partir de 1963 sous l’effet de ce qui a été nommé la guerre des sables, et s’est enfoncé dans l’imbroglio infranchissable à cause de l’entêtement des militaires algériens à faire du Maroc son unique motivation de politique intérieure.


Malgré le fait que les relations algéro-iranniennes ne soient pas toujours assainies, évoluant en mi-figue mi-raisin, Alger est tentée de croire qu’une alliance avec l’Iran - même au prix de concessions essentielles tant les incompréhensions entre les deux pas sont organiques - est le choix qui s’impose à elle. Surtout que le Maroc a engrangé de réels acquis diplomatiques, tant avec les USA, allié stratégique ayant reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, qu’en direction de l’Union Européenne qui pratique le motus vivendi sur la question.


Le rapprochement entre l’Iran et l’Algérie puise son actualité du refus commun des deux pays des relations établies entre le Maroc et Israël, tant Téhéran et Alger voient d’un œil inquiet, voire suspicieux cette alliance qui se traduit déjà en infériorité stratégique de ces deux derniers face aux premiers. Il est à noter, à cet égard, que la capacité de riposte israélienne est estimée plus réactive que celle de l’Iran, qui fait face par ailleurs à de nombreuses difficultés à l’International, les USA en premiers, à cause de sa politique nucléaire.


L’Axe Rabat-Tel Aviv face au tandem Alger-Téhéran


Au moment où les relations entre l’Algérie et l'Iran sont feutrées et dominées par une courbe en dents de scie, émaillées de ruptures et d’accusations mutuelles, de crises répétitives, l’axe maroco-israélien est on ne peut plus harmonieux depuis quatre décennies, même si le Royaume conçoit l’affaire palestinienne comme étant une affaire nationale et est Président du Comité Al Qods.


Cet angle de vision panarabe n’a jamais empêché Rabat et Tel Aviv d’entretenir des relations de coopération, parfois directe, la plus part du temps en mouvement indirect. Or, plus les militaires algériens s’enfoncent dans leur animosité à l’égard de l’Etat marocain, plus cette coopération maroco-israélienne s’est intensifiée, jusqu’à devenir stratégique à la faveur de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur son Sahara.


Au plan des relations internationales, cette tension est suivie avec circonspection par les principales capitales mondiales, plus particulièrement côté USA et Union Européenne, qui sentent leurs intérêts dans la région menacés en cas de guerre ouverte entre les deux pays.


C’est en ce que les Européens manifestent leurs préoccupations face à cette montée d’adrénaline entre les deux Etas forts du Maghreb, voire de l’Afrique. D’où leurs appels à la sérénité et à la réflexion pacifique entre Rabat et Alger.


Or, on le sait, quand des militaires sont au pouvoir (le cas de l'Algérie), la raison est la chose la moins partagée avec le reste du monde, notamment envers ceux qu’ils considèrent leurs ennemis, en l’occurrence le Maroc.


Najib BENSBIA - 4 déc 2021