Formes biologiques sauvages

FOCUS
L 'info autrement...

Le beau triomphe des socialistes portugais

Dernière mise à jour : 28 avr.

Dans la mare insondable de l’échec des socialistes européens à remonter la pente et amarrer les masses populaires à un projet de société dont ils ont oublié le principe, le fondement et l’armature, le Portugal vient de donner une belle leçon à la fois de modestie et de triomphe sans égal à tout le monde.



Par Najib BENSBIA I En effet, le parti socialiste portugais d’António Costa a déclassé de belle manière tous les courants politiques de son pays, et plus particulièrement la droite toutes couleurs.


Pourtant, les sondages - ce fameux bidule qui ne sert à rien en fait sinon à donner de faux espoirs aux mauvais candidats - donnait le même score à peu de choses près au parti socialiste et au parti de centre-droit (allez savoir ce que ça veut dire !), les socialistes ont obtenu 41,7 % des voix, ce qui les accrédite de 117 sièges sur les 230 que compte l’Assemblée de la république portugaise.


Le parti socialiste portugais devient ainsi la seule formation de gauche européenne à pouvoir se targuer d’avoir gouverné le pays durant trois mandats consécutifs. Ce nouveau triomphe fait la part belle à un parti qui s’occupe des Portugais, donc de ses propres concitoyens, au lieu de se lancer dans des batailles européennes, et donc mondiales, qui ne servent ni les démocrates ni le petit peuple, et encore moins les besoins directs et immédiats des populations.


Bien sûr, comme cela est de pratique coutumière de l’extrême droite mais pour des raisons tout autres, lors du deuxième mandat, les autres partis de gauche composite ont essayé de faire capoter le projet socialiste qui l’unissait à ses alliés de gauche lors du vote du budget en octobre 2021. Ce qui a précipité la tenue d’élections anticipées dont le Portugal n’avait nullement besoin. Mais cette ‘défection’’ des ‘’frères’’ n’a fait que renforcer le crédit populaire des socialistes, ce qui les a portés au firmament d’un troisième mandat et avec panache.


Le seul ‘’gain’’ de ceux qui ont essayé de faucher l’herbe sous les pieds des socialistes est d’avoir permis à l’extrême droite de faire peau neuve, puisque le parti Chega a obtenu 7,15 % des suffrages avec 12 députés, score inédit pour l’extrême droite depuis la chute de la dictature salazariste en 1974.


Les électeurs portugais ont donc renouvelé leur confiance à un parti socialiste qui a su sortir le pays du marasme où l’a plongé le « le gouvernement de centre droit, rétabli les 35 heures dans la fonction publique, augmenté le smic de 24 % en trois ans et indexé les retraites sur l’inflation », comme le souligne l’OBS dans son édition de ce mardi 1er février.


C’est ainsi qu’au terme de quelques années sous la conduite des socialistes, le pays a pu revenir aux équilibres nécessaires fondant une économie prospère, en enregistrant un excédent budgétaire qui fait pâlir l’ensemble de ses voisins européens, en réduisant foncièrement la dette et en stabilisant le taux de chômage dans la fourchette de 6 % tout en créant de nouveaux emplois.


La victoire des socialistes portugais devrait, au final, faire réfléchir la gauche française à l’aube des élections présidentielles. Au lieu de cela, cette gauche s’entête à ‘’batailler’’ en rangs dispersés, malgré le fait qu’une frange de la population ait donné son aval à la candidate du PS, Christiane Taubira, pour porter l’étendard de l’espoir dans un pays gangréné pour l’extrême droite plurielle.


____

Photo : Le premier ministre portugais et secrétaire général du Parti socialiste, Antonio Costa, à Lisbonne, le 28 janvier 2022. PEDRO NUNES / REUTERS / Le monde