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Le corps comme marchandise et culture du viol



FOCUS publiera prochainement un dossier sur la culture du viol. Il s'agira de remonter les faits de violence sexuelle à travers les récits d'auteurs qui vont au-delà des apparences. Mais d'ores et déjà on considère que l’essor de la notion de “culture du viol” a permis d’attirer l’attention sur le fait que les réactions sociales, judiciaires et politiques face aux violences sexuelles sont conditionnées par une série de préconçus culturels, parfois de “mythes”, autour de leurs natures, de leurs fréquences, ou encore de leurs conséquences.


La « culture du viol » a également l’avantage de mettre au jour les éléments de langage et les archétypes narratifs qui fondent et soutiennent ces mythes dans le sens commun, lesquels motivent la banalisation des violences ou la culpabilisation des victimes, mais définissent également les normes narratives des “vrais” viols, scénarii du type “étranger dans un parking”. Face à ces archétypes, les travailleuses du sexe (TDS) sont doublement défavorisées : alors qu’elles forment la population la plus exposée aux agressions et aux viols, elles sont aussi les moins légitimes à revendiquer le statut de victime, tel qu’il est prévu par ces normes.

La mise en focus sur les procédés littéraires utilisés pour qualifier les expériences de la violence et de la marchandisation vécues en milieux prostitutionnels et pornographiques, vis à-vis d’une doxa prétendant à la définition de ces mêmes expériences.


En effet, on considère la littérature comme un lieu de reformulation, voire de contestation, des archétypes discursifs et narratifs conditionnant la réception des récits de violences sur les travailleuses du sexe. On analyse dans un premier temps le caractère hybride de l’énonciation de ces récits qui mettent en texte les discours collectifs exogènes qualifiant les expériences vécues. On questionne ensuite, à partir des textes, le phénomène d’objectification en tant que mécanisme de la violence et on discute ce que peut apporter la notion de consentement à l’analyse textuelle de la violence sexuelle.


La comparaison de récits imaginaires et de récits à valeur testimoniale cherche à mettre en évidence ce que chacun de ces genres fait aux représentations collectives sur le travail du sexe, tout en soulignant la perméabilité et les effets de circulation qui caractérisent ces représentations.


Tous ces éléments seront exposés en focus dans un prochain article.


In Revue Critique de Fixxxion Française


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Photo : AFP / Hans Lucas / L'Express