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Le débat Macron vs Le Pen vu du Royaume-Uni : Une nouvelle facette du Président

Dernière mise à jour : 26 avr.

Le débat qui a eu lieu ce mercredi 20 avril entre les deux candidats du second tour de la présidentielle s’est révélé assez éloigné des prévisions, analyse “Unherd”. Pour le site britannique, Macron a fait la preuve de ses compétences mais s’est montré étonnamment agressif.



Courrier International I “Le débat d’hier soir [mercredi 20 décembre] a révélé une nouvelle facette de Macron”, constate John Lichfield, chroniqueur pour le site Unherd : son agressivité, à la limite de la colère. Vu son avantage dans les sondages, on pouvait légitimement s’attendre à ce que le président reste discret et ne prenne aucun risque. “Il n’en a rien été. Il n’a cessé d’interrompre la candidate d’extrême droite au point d’en devenir agaçant, ce qui n’est pas réputé rapporter des voix.”


En somme, les deux prétendants à l’Élysée ont échangé leurs rôles par rapport à 2017, soutient le journaliste britannique. Marine Le Pen, qui ne cessait d’agresser Emmanuel Macron, avait eu l’air “irascible et incompétente” il y a cinq ans. Mercredi soir, c’est Macron qui a eu l’air “irascible − mais compétent, lui”. Le Pen a su garder son calme, l’attaquant sur les questions de santé et d’éducation ainsi que sur le climat.


En somme, ce fut “une prise de bec […] captivante et très théâtrale, mais aussi agaçante et par moments d’un ennui accablant”. Le scénario était très mal écrit, juge Lichfield, car “le pic d’intensité dramatique est arrivé très tôt”. Macron s’est lancé dans une attaque frontale sur les liens entre Le Pen et Moscou, son “banquier”, car elle avait financé sa campagne de 2017 grâce à un emprunt russe contracté en 2014. La candidate du Rassemblement national a réagi en expliquant qu’elle n’avait pas eu le choix − les banques françaises lui ayant refusé des prêts − et qu’emprunter de l’argent ne signifie pas devenir vassal de son banquier.


Qui est finalement sorti vainqueur de ce combat ?

Macron, répond le journaliste, “parce qu’il n’a pas perdu”. Son agressivité, quoique lui ayant conféré un air arrogant, a permis de désarçonner sa concurrente. “Elle entendait faire de ce débat le grand procès de Macron. Finalement, ce fut, au moins en partie, son procès à elle.”


Mais Le Pen a aussi gagné, d’une certaine manière, car elle a fait bien mieux qu’en 2017.


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Photo : Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat présidentiel pour le second tour de l’élection le 3 mai 2017 — STRINGER/AFP