Formes biologiques sauvages

FOCUS
L 'info autrement...

Le grec, support linguistique des scientos et virus...

Dernière mise à jour : 28 avr.

En parcourant The New Yorker de ce dimanche 26 décembre, je suis tombé sur une chronique inhabituelle. Elle traite de l’utilisation de l’alphabet grec dans les appellations des catastrophes et, en particulier, du coronavirus.



Par Najib BENSBIA - La façon dont la chroniqueuse* raconte cette immersion linguistique de la Science m’a intrigué et, en même temps, m’a laissé perplexe. Non pas à cause de la réalité des faits, mais de cette inspiration qui a fait découvrir à cette dame comment les ‘’scientifiques’’ nous barbent avec leur jargon qui, au final, ne veut rien dire. Et elle a raison de s’interroger sur cette escapade linguistique dans des affaires qui peuvent être nommées par ailleurs tout simplement.


Parmi ces incursions bizarroïdes, l’effet secondaire inhabituel du coronavirus est plus que symbolique. Et, en ce sens, il éclaire l'apparition régulière de l'alphabet grec dans les gros titres de journaux reproduisant les intonations de scientifiques, ceux-là qui haranguent les foules par des déterminants linguistiques qui leur explosent la vue. La variante très contagieuse Omicron, après le fameux Delta, a percé des centaines de titres médiatiques, au point que l'alphabet grec a fait son entrée dans la section Style du vocabulaire.


La crainte méthodique de la chroniqueuse n’est pas liée aux appellations en elles-mêmes, mais au risque qu’engendrerait l’utilisation massive du grec au point de ne plus avoir de lettres pouvant prêter leurs noms aux variants qui vont nous submerger dans la durée. Cette crainte est inhérente au fait que, comme le Covid-19 aime notre compagnie, il enfantera autant de variants que nécessiterait sa plongée dans nos entrailles, ce qui posera au grec un problème de disponibilité terminologique.


Il semble probable en effet, selon la chroniqueuse de mon désarroi syllabique, qu'au stade où nous embarqueraient les variants flottants du coronavirus, et ils seront nombreux au point où on en est, les vingt-quatre lettres de l'alphabet grec risquent de souffrir d’un état de pénurie, comme nous autres de contaminations à vue d’œil. Alors quoi, s'est demandé la dame chroniqueuse, jusqu'où iront-ils chercher d'autres noms et en puisant dans quelles langues mortes le feraient-ils ?


Le ''ils'' renvoie ici aux ''scientifiques'', qui ont la pédante manie de vouloir faire différent ! Car, ils devraient le savoir (nos scientifiques j’entends), un effet secondaire inhabituel du coronavirus est l'apparition régulière de variants jusqu'à l'infini pathogène. En attendant, l'alphabet grec fait les gros titres des journaux qui se ressourcent du très contagieux Omicron, lequel phénomène jubile à l'intérieur de l'alphabet grec, voire au plus profond de la section style de cette langue.


A quoi rime donc, je me le demande, ce penchant scientiste pour l'utilisation du grec pour désigner les catastrophes et autres virus mortels ?


La chronique de mon inspiration pathogène, il faut le dire, va jusqu’à scruter la saison des ouragans, en y décelant le penchant des météorologues à utiliser, eux aussi, les lettres grecques au lieu de l’alphabet anglais - qui est bien articulé cela dit en passant -pour nommer les tempêtes et autres catastrophes naturelles dévastatrices, tel le Iota, cette autre tempêtes américaine de souche qui a eu droit à son propre syllogisme linguistique originel.

Je dois l’avouer en toute modestie, la chroniqueuse du The New Yorker m'a fait flipper. Elle est allée jusqu'à relever que pendant cette pandémie du Covid-19, les scientifiques de l'Organisation mondiale de la santé se sont appuyés sur le grec pour faciliter la communication - elle voulait certainement dire la vulgarisation (bein voyant !) - des variants du coronavirus, en évitant les noms de lieux où les variants ont été initialement détectés.

À titre d'illustration, la souche portant la désignation B.1.617.2, qui a été identifiée pour la première fois en Inde, est ainsi connue sous le nom de variant Delta. L'Omicron a été baptisé, quant-à lui, en Afrique du Sud. Il y en aura d'autres très certainement et, de ce fait, le grec leur servira d'identifiant tout naturellement.


Le flip est très pertinent, parce qu'il est supposé, bien que cela soit peu probable, qu’avec le réchauffement climatique, une seule saison des ouragans pourra produire suffisamment de tempêtes pour traverser les deux alphabets (anglais et grec) à la fois. A ce rythme, combiné aux variants Covid, la menace d'épuiser le stock linguistique du grec est bien réelle. Car, cela est un donné que j’ignorais, avec l'omicron, les scientifiques ont déjà épuisé plus de la moitié de l'alphabet grec !


Bonne imagination pour le reste…