Formes biologiques sauvages

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L 'info autrement...

Les élucubrations d’un ''expert'' en infox, ‘’prop’’ et récup

Dernière mise à jour : 12 avr.


Je suis un lecteur assidu de theconversation, dont j'apprécie, globalement du moins, le choix éditorial et, surtout, la gratuité d’accès, qui est un droit suprême à l’information.


D'où mon étonnement et, surtout, ma déception à la lecture sur ce site, ce mercredi 23 mars, d’un article titré ''Ce que change l'accord de coopération sécuritaire entre le Maroc et Israël'' signé par Abdelkader Abderrahmane, auteur dont je ne connais, je l’avoue, ni les contributions à quelque titre que ce soit ni la valeur intellectuelle.


Par Najib BENSBIA


De prime abord, je dois souligner que ce genre de textes devrait, du fait de leur sensibilité et de la thématique approchée, être relu par des personnes averties quant-au sujet traité. Ce qui ne semble pas avoir été le cas de cet article ce qui me fait douter de la rigueur scientifique de ce ‘’chercheur’’.

Une approche biaisée, des notions désuètes

Pour être concentré, je voudrais insister sur le fait que, dans cet article (à lire en lien infra) l'auteur part d'un a priori négatif, voire d'une prise de position subjective qui ne devrait pas être le fait d'un ''chercheur'' ou d’un ''universitaire''. Tout le contenu de l'article s'assimile à une guéguerre menée contré le Royaume Maroc - véritable objet de ses tourments - puisque le style utilisé, les tournures de phrases et de raisonnement le disent franchement.


Par ailleurs, cet auteur use, pour qualifier l’Etat marocain, de notions désuètes comme ''makhzen'', terminologie éculée et qui date, sachant que cette notion est un qualificatif de caractère administratif accolé au Sultanat marocain du 11è au 19è siècle. Par ailleurs, même dans son acception ''moderne'', le ''makhzen'' est plus un descriptif politique qu'une terminologie de sciences politiques ou sociales, donc un vocable à usage non-discursif mais plutôt de portée polémique. Ce non-concept a été utilisé généralement, pendant un certain temps révolu, par la gauche nationale de manière relative et, surtout, par les gauchistes et les anarchistes pour signifier l’autoritarisme d’Etat en renvoyant ses pratiques du pouvoir à la période prémoderne.

Au plan normatif, cet article ignore - par volonté délibérée ou en parfaite démunition scientifique - la précaution due aux concepts utilisés en Droit international. De manière cavalière, en effet et à titre d'exemple, l'auteur use de structures de phrases aliénées dans leur fond et qui sonnent comme un jugement de valeur du style ‘’colonisées illégalement'', - anachronisme primaire s'il en est, comme si on pouvait ''coloniser légalement''.- tant ce groupement de mots n'est utilisé ni par l'ONU ni par le Conseil de Sécurité en traitant de la question du Sahara occidental. Cela est l'usage et c'est ce qu'exige le Droit international. Au plan du fond, ce texte est empli d'approximations, de préjugés stylistiques et d'un parti-pris défavorable au Maroc, tout en étant bienveillant à l'égard de l'Algérie, Etat pourtant dirigé par une clique militaire qui ne laisse personne respirer librement !. Or, et en règle absolue, il va de soi que le ''rôle'' d'un observateur engagé - par le fait qu'il dispose d'une tribune, en l'occurrence ici theconversation - est d'être pour le moins objectif, donc faisant preuve d'une opinion éclairée et non biaisée comme celle de cet auteur, érigé en partie-prenante aussi bien dans le raisonnement, l'approche narrative que la logique guidant de bout en bout ce texte.


Infox et contresens à la pèle


Toute l'économie de l'article consiste à faire passer le Maroc pour le ''grand méchant'' que l'Europe, et particulièrement la France, devraient lâcher au profit, bien entendu, de l'Algérie qui a le gaz que la Russie ne peut plus livrer aux Européens, du fait des sanctions qu'ils ont imposées à Poutine. Par ailleurs, le texte, au lieu de montrer ''ce qu'apporte l'accord maroco-israélien'' comme le prétend le titre, se noie dans certains volets qui ne sont plus d'actualité depuis 2018 déjà de la politique intérieure marocaine, notamment les manif survenues au Rif, alors que le ''Hirak'' algérien (la révolte citoyenne) est toujours vivace même s'il est en sourdine. En faisant croire que le Maroc est assis sur une ''marmite'' qui peut exploser à n'importe quel moment, l'auteur pervertit les faits en transposant les risques qu'encourt réellement l'Algérie autoritariste, du fait de sa politique de poigne à l'encontre des Algériens de l'intérieur. L'auteur de ce brûlot reste muet sur ce qui ''grouille'' en Algérie sous la colère de citoyens privés de tous leurs droits, y compris celui de manifester pacifiquement, outre le manque de tout ce qui sert le bien-être individuel et collectif de la société algérienne.


La perle hagiographique réside dans l'approche de l'armement, qui est complétement erronée chez le sieur Abderrahmane et prête à grands rires, tellement elle est de mauvaise foi et emplie de plates contrevérités. Cette approche présente le Maroc comme étant mieux armé que l'Algérie, alors que c'est tout à fait l'inverse. Tous les analystes le savent, en effet, le pouvoir militaire algérien a mis en œuvre une politique d'armement plus offensive et plus étoffée en termes financiers, ce qui place sa logistique bien devant celle marocaine et de loin, comme le relèvent tous les instituts et magazines spécialisés : L’Algérie consacre beaucoup plus en termes de dépenses militaires avec ses 90 milliards de dollars entre 2010 et 2020 contre 35,6 milliards de dollars sur la même période pour le Maroc, soit pratiquement presque le tiers du budget algérien alloué à l'armement. Ces chiffres placent l'Algérie en 2è rang en Afrique, le Maroc arrivant à peine en 5è position. En fait, l'auteur de ce ramassis de contrefaçons confond entre politique d'armement et stratégie, le Maroc s'armant plus intelligemment, alors que l'Algérie a opté pour la quantité tous azimuts.


Les questions qui fâchent


Le parti-pris algérien de l'auteur est tellement flagrant qu'on en vient à croire que le Maroc est un État militariste et l'Algérie une démocratie... Bein voyons !


Pour la comparaison utile et intelligente, le sieur Abderrahmane aurait été plus inspiré s'il en était venu aux faits en se posant quelques interrogations de bon usage rationnel, notamment à propos des sujets qui fâchent et rendent fous les apparatchiks algériens :

- Les exactions de la police et de l'armée en Kabylie ? Bien sûr que non.

- Le muselage de la presse et l'emprisonnement des journalistes sans véritables procès ? Évidemment non.

- La répression aveugle et disproportionnée des manifestants ? Niet.

- La corruption qui gangrène toute la pyramide du pouvoir algérien ? Oh que non.

- L'assassinat du Président Boudiaf par les généraux inamovibles de la hiérarchie militaire algérienne parce qu'il représentait une menace réelle pour leur pouvoir ? Absolument pas du tout.

- La folie de grandeur d'un État qui affame ses citoyens et vide les caisses publiques pour le bon plaisir de ses généraux ? Il n'en est pas question !...


Et l'on pourrait continuer à volonté la citation des faits et méfaits qui font de l'État algérien une véritab