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Maroc - Budget exploratoire 2023: Une activité économique impactée par le renchérissement des prix ?

Le Haut-Commissariat au Plan a préparé le budget exploratoire 2023 du royaume, où il est fait état de la situation économique nationale lors de l'exercice 2022 et des perspectives 2023. Voici la deuxième partie de ce document.



Partie II


Exercice 2023 : Impact probable des niveaux élevés des prix sur l’activité économique nationale


Les prévisions économiques pour l’année 2023 tiennent compte d’une croissance mondiale modérée induisant un ralentissement prévisible de la demande mondiale adressée au Maroc et du maintien des niveaux élevés des prix des matières premières au niveau mondial. Ces projections se basent également sur un scénario d’une production céréalière moyenne et prennent en considération, la reconduction de la politique budgétaire mise en vigueur durant l’année 2022.


Ces perspectives restent, toutefois marquées par un niveau élevé d’incertitudes et des risques baissiers liés notamment à l’évolution de la situation géopolitique et les effets qui en découlent en particulier les perturbations des chaines d’approvisionnement et la pénurie des produits de base.


Sur la base de toutes ces hypothèses, le secteur primaire devrait afficher une valeur ajoutée en hausse de 11,8%, conforté par le raffermissement des cultures hors céréales et de l’activité de l’élevage durant la campagne 2022/2023.


Cependant, les activités non agricoles devraient enregistrer une valeur ajoutée en décélération à près de 2,9% en 2023 au lieu de 3,5% en 2022. Le secteur secondaire devrait afficher une croissance de 3,5% en 2023, qui s’explique par une amélioration prévisible des industries de transformation et celle du secteur minier, en relation notamment avec le redressement attendu de la demande adressée au phosphate et de ses dérivés. Le secteur du bâtiment devrait continuer de pâtir des effets négatifs de la hausse de l’inflation des produits de construction. Le secteur tertiaire devrait de son côté, connaître une croissance modérée de 2,5% en 2023 au lieu de 4,5% attendue en 2022, attribuable notamment au ralentissement prévu des services marchands de 2,1% après 4,5% prévu pour l’année en cours et de 4,1% des services non marchands en 2023.

Compte tenu d’une évolution des impôts et taxes sur les produits nets de subventions de 1,5%, le Produit Intérieur Brut devrait enregistrer un taux de croissance de l’ordre de 3,7% en 2023 après un ralentissement de 1,3% prévu en 2022. En terme nominal, le produit intérieur brut devrait enregistrer une progression de 4,5%. Cette évolution fait ressortir une hausse de l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, de 0,8 % au lieu de 4,9 % en 2022.

Croissance économique soutenue principalement par la demande intérieure


La demande intérieure devrait s’accroitre de 3,3% en 2023 au lieu de 1,3% prévu en 2022, contribuant ainsi de près de 3,6 points à la croissance du PIB au lieu de 1,5 point en 2022. Cette hausse s’explique par l’accroissement prévu de la consommation des ménages de 2,4% en 2023, profitant de l’amélioration des revenus, portant sa contribution à la croissance économique de 1,4 point au lieu de 0,9 point en 2022. De son côté, la consommation des administrations publiques, devrait maintenir sa contribution à près d’un point. Par ailleurs, l’investissement brut devrait s’accroître de près de 3,5% contribuant positivement à la croissance de 1,1 point au lieu d’une contribution négative attendue en 2022.


En parallèle, la demande extérieure devrait avoir une contribution nulle à la croissance suite notamment à une hausse en volume des importations des biens et services de 4,1% en 2023 contre une évolution de 5,2% des exportations en 2023. La hausse des prix des produits énergétiques et alimentaires devrait continuer de peser sur la balance commerciale dont le déficit devrait rester élevé pour atteindre 17,5%, quoiqu’en allègement par rapport 17,9% du PIB en 2022. Tenant compte des échanges des services, le déficit en ressources devrait s’alléger passant de 11,6% du PIB en 2022 à 10,8% du PIB en 2023.


Avec un accroissement du PIB nominal de 4,5% en 2023 et de la consommation finale nationale de 4,1%, le taux d’épargne intérieure devrait s’améliorer à 21,2% du PIB en 2023 au lieu de 20,8% prévu pour l’année en cours. En tenant compte des revenus nets en provenance du reste du monde qui devraient représenter près de 5,3% du PIB, l’épargne nationale devrait se maintenir à 26,5% du PIB en 2023, mais resterait inférieure au niveau d’investissement brut à 30,9% du PIB. De ce fait, le besoin de financement de l’économie devrait atteindre 4,4% du PIB en 2023 en allégement par rapport à 4,7% du PIB prévu pour l’année en cours.


Déficit budgétaire exacerbé par le niveau élevé de la compensation face au ralentissement des recettes


La poursuite prévue de l’évolution des dépenses budgétaires alourdies par le niveau élevé des prix des produits subventionnés et par l’effort budgétaire en matière de la généralisation de la protection sociale et de la réforme de la santé et de l’éducation, devraient exercer davantage de pression sur les finances de l’Etat en 2023.

Dans ce cadre, les dépenses ordinaires devraient se stabiliser à près de 19,7% du PIB et rester toutefois supérieures à la moyenne annuelle de 18,7% enregistrée durant la période 2015-2020. Cette hausse s’explique principalement par le maintien des dépenses de compensation à près de 2,5% du PIB au lieu d’une moyenne de 1,4% au cours de la même période. En outre, l’accroissement attendu des dépenses des autres biens et services et celles de la masse salariale devraient alourdir davantage les dépenses ordinaires.

Quant aux recettes ordinaires, elles devraient ralentir en 2023 pour s’établir à 19,5% du PIB en léger recul par rapport à leur niveau estimé en 2022, suite notamment au ralentissement prévu des recettes de l’IS et celles de la TVA à l’importation et des droits de douanes. De leur côté, les recettes non fiscales devraient atteindre 2,2% du PIB, bénéficiant de la mobilisation des mécanismes innovants de financement et des recettes de monopoles. En tenant compte des dépenses d’investissement qui devraient s’établir à 5,5% du PIB, le déficit budgétaire devrait se maintenir à près de 5,5% du PIB en 2023.


Tendance haussière du ratio d’endettement public


Face à cette situation déficitaire, et tenant compte du niveau des stocks en devises, et des flux nets des investissements directs étrangers en hausse de près de 10%, le besoin de financement devrait être couvert par des emprunts extérieurs et intérieurs. Dans ces conditions, le taux d’endettement du Trésor devrait poursuivre sa tendance haussière pour atteindre près de 71,2% du PIB, largement supérieur à 62,4% enregistré en moyenne durant la période 2014-2021. Tenant compte