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Maroc Conjoncture : Légère croissance, repli du secteur agricole et escalade des prix

Dernière mise à jour : 14 juil.

La reprise de l’économie mondiale, engagée en période post-crise Covid-19, se serait essoufflée au deuxième trimestre 2022. L’activité économique aurait reflué aux Etats-Unis comparativement à la même période de 2021, sous l’effet de la montée des pressions inflationnistes, des perturbations persistantes sur les chaînes de production et de la normalisation de la politique monétaire, alors qu’en zone euro, l’activité aurait sensiblement ralenti, avec le prolongement de la guerre en Ukraine et le renforcement de l’incertitude qui aurait pénalisé la consommation des ménages et induit une baisse de la confiance des entreprises privées, surtout en Allemagne. Dans les pays émergents, l’intensification des pressions inflationnistes aurait entraîné une baisse du pouvoir d’achat des ménages et un resserrement de la politique monétaire qui auraient conduit à un ralentissement de la croissance économique en Inde et au Brésil.



La croissance économique se serait légèrement accélérée au deuxième trimestre 2022, s’établissant à +0,9%, en rythme annuel, au lieu de +0,3% au trimestre précédent. Ce léger regain aurait été, particulièrement, attribuable à la progression de 3,6% de la valeur ajoutée hors agriculture. La valeur ajoutée agricole aurait, pour sa part, poursuivi son repli au rythme de -16,1% au cours de la même période. Au troisième trimestre 2022, la baisse de la valeur ajoutée agricole s’établirait à -14,1%. Toutefois, avec une hausse de 2,9% de la valeur ajoutée hors agriculture, l’économie nationale s’améliorerait de 0,8%, en variation annuelle, au lieu de +8,7% une année plus tôt.


Essoufflement de la reprise économique mondiale


Au deuxième trimestre 2022, l’inflation mondiale aurait, en effet, continué son ascension, alimentée par la hausse de 88% des prix des matières premières énergétiques et de 28,5% de ceux des produits alimentaires. Le taux d'inflation aurait, ainsi, atteint au deuxième trimestre 2022, en moyenne, +8% en zone euro et +8,5% aux Etats-Unis, au lieu de +1,8% et +4,8%, respectivement, à la même période un an auparavant.


Le commerce international de marchandises aurait également décéléré au deuxième trimestre 2022, pénalisé par le ralentissement de la production manufacturière, la hausse continue des coûts des intrants, la persistance des tensions sur les chaînes de valeurs et d’approvisionnement et le déplacement de la demande vers le secteur des services, notamment touristique et de loisirs. Dans ce contexte, le rythme de croissance de la demande mondiale adressée au Maroc aurait ralenti à +2,6%, en variation annuelle, après avoir progressé de +3,3% au premier trimestre 2022.


Vigueur des échanges commerciaux portée par les prix

Au niveau national, les volumes des exportations et des importations de biens et services auraient crû de 6,9% et 7,3%, respectivement, au deuxième trimestre 2022, en variations annuelles. En valeur, la croissance des exportations de biens aurait été plus vigoureuse, avec une hausse de 49,7% en glissement annuel, au lieu de +28,6% un an auparavant, attribuable principalement à un effet-prix positif. Les exportations des phosphates et de leurs dérivés, notamment les engrais naturels et chimiques, auraient contribué pour plus de la moitié à cet accroissement, profitant de la poursuite du renchérissement des cours mondiaux du DAP et du phosphate brut respectivement de 61% et 155%. Hors phosphates et dérivés, les exportations auraient été tirées par celles de l’automobile dans ses segments construction et câblage, de l’aéronautique et, dans une moindre mesure, de celles de l’agro-alimentaire et des produits des industries électriques et électroniques. Avec une contribution de +4,4 points, les ventes extérieures de l’industrie du textile et cuir, notamment les vêtements confectionnés, les articles de bonneterie et les chaussures, auraient profité de la reprise des commandes en provenance des donneurs d’ordre européens privilégiant davantage l’approvisionnement de proximité.


Les importations des biens en valeur, tirées par la forte hausse des prix à l’import, auraient affiché une augmentation de 48% au deuxième trimestre 2022. La facture énergétique aurait plus que doublé, sous l’effet de la flambée des cours internationaux des produits raffinés, notamment ceux des gasoils et fuels. Hors énergie, les importations auraient été tirées par les achats des demi-produits et des produits bruts, notamment ceux de l’ammoniac, du soufre brut et des matières plastiques, dont les prix auraient fortement augmenté. Celles des biens d’équipement industriel et des produits alimentaires auraient, quant à elles, contribué respectivement pour 4 et 3,5 points à l’évolution des importations de biens. En contrepartie, les importations des produits finis de consommation auraient ralenti, suite au fléchissement des achats des voitures de tourisme, des médicaments et produits pharmaceutiques et des produits électroménagers.


Forte modération de la demande intérieure


La consommation finale serait restée modérée au deuxième trimestre 2022, dans un contexte de forte augmentation des prix à la consommation et du repli des revenus ruraux. La consommation des administrations publiques aurait progressé de 5,9%, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement. Mais celle des ménages aurait été moins dynamique, affichant une hausse de 1,8%, en variation annuelle, au lieu de +13,6% au cours du même trimestre de l’année passée. Le léger surplus de la consommation domestique aurait été alimenté par une hausse du flux des crédits à la consommation, une réduction de l’épargne et par la poursuite de l’affermissement des transferts des MRE. Il aurait profité, en grande partie, aux dépenses de services, notamment celles de santé et de communication, alors que les dépenses consacrées aux produits manufacturés, notamment importés, auraient sensiblement reculé.


L’investissement aurait poursuivi son repli au deuxième trimestre 2022, au rythme de -1,3%, en variation annuelle, au lieu de +7,3% une année auparavant. Cette évolution aurait été, particulièrement, attribuable à la poursuite du mouvement du déstockage des entreprises amorcé au début de l’année, notamment dans le secteur des industries extractives et au ralentissement des investissements en construction. L‘investissement en produits industriels se serait, pour sa part, légèrement amélioré, dans le sillage d’un accroissement des importations de biens d’équipement industriel.


Poursuite de la baisse des activités agricoles

La valeur ajoutée agricole se serait infléchie de 16,1%, au deuxième trimestre 2022, en variation annuelle, au lieu d’une hausse de 17,5% au cours de la même période de 2021. La réduction de 32% du cumul pluviométrique par rapport à une année normale, à fin mai 2022, aurait entraîné une baisse de 17,1% de la production végétale. Pénalisés par le repli des réserves en eau de barrages, les rendements des cultures printanières se seraient abaissés, notamment ceux des rosacés à pépins. Le redressement de la production des maraichères de saison par rapport au premier trimestre se serait accompagné par une amélioration de leurs quantités exportées, notamment en tomate et petits légumes. En revanche,