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Mieux et plus qu'une journée pour la femme...

Dernière mise à jour : 28 avr.

Une journée pour célébrer la femme, c’est bien mais peu. Car il est clair qu’une journée symbolique pour faire le bilan des droits acquis, du chemin parcouru et de tout ce qui reste à faire est important et délicat à la fois. Il est patent, en effet, qu'il reste beaucoup de chemin à faire pour donner bonne conscience à ce compagnon, l'homme de tous les temps.


Par Najib BENSBIA – Importante, car la journée du 8 mars ne peut que permettre aux femmes du monde de répertorier tout ce dont elles souffrent encore, énumérer les injustices qu'elles continuent de subir dont deux blessantes : l’inégalité devant la responsabilité (au sens large et global) et le viol constant de l’intégrité de leurs corps face à toutes les violences qui les éclaboussent un peu partout dans le monde.


Au plan de la responsabilité, et sans rentrer dans ce débat larvé et sournois de savoir de qui l’intelligence est la source, la femme peine toujours à avoir la responsabilité qui sied à ses capacités intellectuelles, scientifiques et techniques face aux hommes de même niveau. Cela est encore plus insidieux dans le monde de la politique, là où il est dit que démocratie est mère de partage.


Cela est injuste et indécent, parce qu'à chaque fois que la femme a gouverné, elle l’a fait avec panache, compétence et rigueur. Aussi bien en Europe, qu’en Amérique, en Afrique ou ailleurs. Elles ont marqué leur passage par des décisions de valeur et un courage inégalé : Ghandi (Inde), Thatcher (Grande Bretagne), Merkel (Allemagne), Ardern (Nouvelle Zélande)..., pour ne citer que quelques noms symptomatiques d'une gouvernance à faire pâlir les machos endurcis. A l’échelle de leur intégrité physique, les femmes subissent, encore et toujours, la violence la plus primaire. Elles souffrent le martyre dans leurs foyers, dans les lieux de leur travail (public ou privé par ailleurs), dans la rue,… Et là encore, la société ne semble pas être très dérangée par ce crime inclassable, cette violence coupable, cette ignominie inqualifiable.. Cette date est également un rappel délicat de l'état de notre monde, parce que rien ne favorise l’équilibre nécessaire et obligatoire entre la femme et l’homme partout et en tout. Il doit être pourtant clair que la femme est l’équilibre de l’homme et non l’inverse, son miroir/conscience devant lui rappeler le sens des essences fragiles. Car et en fin de compte, la femme et l'homme ont engagement de vie commune et doivent vivre dans l’harmonie plutôt que dans ces ruptures qui malmènent nos égos. C'est en cela que les législations nationales ont la mission inaliénable de prévoir ce qui milite pour que l'homme cesse de se prendre pour Dieu. Que la décision publique aille dans le sens de l'égalité et du mérite, par-delà les contingences de sexe. Et c’est en cela seulement que le 8 mars aura un sens, celui de la vie de toutes et tous dans la dignité, hors de ces ponctuations i.e.s de circonstance/alibi.


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Photo : Capture scène de la mini-série Netflix ''Le jeu de la dame''.