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Souveraineté des États & démocratie contre Europe : Débat ou confrontation ?

On assiste ces dernières années à la remontée en puissance de cet antagonisme cyclique qui veut que l'Europe soit contre les États plutôt que la consécration d'une vision commune du devenir des nations. Qu'en est-il réellement et quoi en penser ?



En prônant le retour à l’Europe des nations, les adversaires de la technocratie bruxelloise dénoncent la confiscation du pouvoir populaire. Leur argumentaire est rôdé : dans le huis-clos des réunions entre dirigeants, dans l’opacité feutrée de cénacles qui semblent n’avoir de comptes à rendre à personne sinon aux lobbies et aux thinks tanks, la légitimité démocratique s’exténue.


Il s'agit, en effet, plus d'une polémique politicienne plutôt que d'un débat entre théoriciens avérés. Aussi, et pour lever les ambiguïtés qui entourent cette centralité identitaire européenne, Le Pr Céline Spector* explique dans son récent ouvrage "Souveraineté et démocratie à l'épreuve de l'Europe" que le souverainisme, qui confine la politique à l’État-nation, est une illusion philosophique et une erreur pratique. Les principes de la démocratie moderne (peuple, citoyenneté, volonté générale) ne sont pas niés par le projet européen, ils peuvent y trouver l’occasion d’un approfondissement. Pour combattre l’impasse souverainiste, l’Union européenne doit faire de la solidarité sa nouvelle finalité et mettre en œuvre un fédéralisme social, fiscal et environnemental.


Depuis 2001, le modèle de gouvernance est brouillé. D'autant que les contradictions apparaissent à la fois au plan interne (relation Europe/États), où l'intégration devient sélective combinant, selon les secteurs, souverainisme et pluralisme, et au plan externe (relation Europe/monde) où la désintégration de l'Europe semble accompagner une intégration par extension normative unilatérale, caractéristique d'un modèle universaliste de type hégémonique.


En ces temps où les peuples d'Europe sont tentés par un repli souverainiste qu'ils croient encore possible, encouragés par le discours de dirigeants qui préfèrent la démagogie de l'illusion à la pédagogie de la raison, la lucidité nous vient de façon inattendue d'un américain célèbre Henry Kissinger : « L'Europe qui exerçait il y a moins d'un siècle un quasi-monopole sur l'ordre du monde, menace de se couper de la quête contemporaine d'un ordre mondial en faisant de sa construction interne son objectif géopolitique ultime ».

Ancré dans la théorie de la république fédérative issue de Montesquieu et des fédéralistes américains, son régime pourra alors conjuguer fédération démocratique et souveraineté du peuple. Céline Spector est professeur de philosophie politique à Sorbonne Université.

En prônant le retour à l’Europe des nations, les adversaires de la technocratie bruxelloise dénoncent la confiscation du pouvoir populaire. Leur argumentaire est rôdé : dans le huis-clos des réunions entre dirigeants, dans l’opacité feutrée de cénacles qui semblent n’avoir de comptes à rendre à personne sinon aux lobbies et aux thinks-tanks, la légitimité démocratique s’exténue.

Il s'agit, en effet, plus d'une polémique politicienne plutôt que d'un débat entre théoriciens avérés. Aussi, et pour lever les ambiguïtés qui entourent cette centralité identitaire européenne, Le Pr Céline Spector* explique dans son récent ouvrage "Souveraineté et démocratie à l'épreuve de l'Europe" que le souverainisme, qui confine la politique à l’État-nation, est une illusion philosophique et une erreur pratique. Les principes de la démocratie moderne (peuple, citoyenneté, volonté générale) ne sont pas niés par le projet européen, ils peuvent y trouver l’occasion d’un approfondissement. Pour combattre l’impasse souverainiste, l’Union européenne doit faire de la solidarité sa nouvelle finalité et mettre en œuvre un fédéralisme social, fiscal et environnemental.


Ancré dans la théorie de la république fédérative issue de Montesquieu et des fédéralistes américains, son régime pourra alors conjuguer fédération démocratique et souveraineté du peuple. Céline Spector est professeur de philosophie politique à Sorbonne Université.


La vidéo infra, produite par la revue ESPRIT, revient sur cette thématique qui est à la source autant de la passion que d'un artifice qui a le dos rond. Quoiqu’il en soit, il est d'évidence qu’une interrogation principielle se pose apriori aux Européens : L’Union européenne engendrerait-elle un déni de démocratie ?


La vidéo infra, produite par la revue ESPRIT, revient sur cette thématique qui est à la source autant de la passion que d'un artifice qui a le dos rond.



Note :

(*) Céline Spector est enseignante de philosophie politique à la Sorbonne Université.