Formes biologiques sauvages

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#Stop_manipulation



Nous vivons vraiment une époque de folie, dans tous les sens du terme.

En effet, j’ai l’impression que nous sommes devenus des fous, c’est-à-dire des gens qui avons perdu la raison et notre capacité naturelle à réfléchir, à utiliser cet instrument qui constitue le centre de contrôle du corps humain et qui nous permet théoriquement de réfléchir : le cerveau.



Par Mohamed Laâroussi


Nous ne réfléchissons plus, nous ne pensons plus, nous suivons. Dès que nous entendons les cris de la foule, nous la suivons, les yeux fermés. Nous ne réfléchissons plus, nous ne pensons plus, nous répétons.


Nous répétons ce que la foule nous dicte. La foule est devenue notre chef d’orchestre et notre maître à penser. Contrairement à ce qu’on nous cesse de répéter, nous ne sommes pas devenus individualistes.


Non, nous ne pensons pas chacun pour soi, mais tous pour d’autres.

La foule n’est pas une entité qui fonctionne d’une manière autonome, mais un ensemble commandé et manipulé par des individus qui, eux-mêmes, sont sous les ordres d’officines ou de boutiques occultes.


Il n’y a pas de foule « indépendante », « spontanée », « objective ». Attention, la foule, ce n’est pas le peuple. Elle est même son adversaire. Elle peut l’induire en erreur, lui montrer les mauvais chemins, lui causer les plus dangereux des méfaits. C’est Victor Hugo qui a écrit un jour que « La foule trahit le peuple ». Parce qu’elle lui fait croire qu’elle défend sa cause, et le peuple qui croit à la gentillesse apparente de la foule et à sa générosité débordante, la suit, lui aussi, le cerveau clos.


La foule, disais-je, n’est pas indépendante, elle a des guides plus ou moins invisibles. Ils la briefent, l’orientent, lui dictent ou lui écrivent les discours qu’elle doit transmettre au peuple. La foule materne tellement et si bien le peuple qu’elle arrive par lui faire perdre toute conscience, toute valeur de soi-même et finit par l’infantiliser.


J’aime beaucoup cette phrase du dramaturge anglais Julien Beck qui résume parfaitement mon propos : « Quand on parle aux gens comme s’ils étaient stupides, on tue des cellules dans leur cerveau ».


On pourrait me rétorquer que c’est sans doute ce qui est recherché par toutes ces manœuvres, et je dirais oui et non.


D’abord, même si je n’ai pas encore dit pourquoi j’ai décidé de parler cette semaine de ce sujet, je suis sûr que vous avez déjà compris ce qui m’a poussé, ou presque obligé à le choisir.


C’est quoi cette histoire de cet hashtag primaire et primitif #7dh_gazoil #8dh_essence #degage_akhanouch ? Quel rapport financier, technique, scientifique, politique, économique y-a-t-il entre la revendication, somme toute légitime, pour un prix du carburant qui soit le plus abordable, et l’appel à un départ forcé d’un chef de gouvernement qui, qu’on le veuille ou pas, a été démocratiquement élu par … le peuple. Tiens ! Tiens !


Avant de donner mon avis, je voudrais préciser - même si je n’ai nullement besoin de le faire - que mon objectif n’est pas de défendre Akhanouch ou de le caresser dans le sens du poil, je n’ai d’ailleurs aucun intérêt à le faire.


Je crois qu’on me connaît assez bien pour savoir que ce n’est pas du tout le style de la maison. Par contre, j’ai vraiment envie de lui dire que j’ai beaucoup de doutes sur les capacités et les compétences des gens qui sont censés le défendre ou le conseiller pour se défendre face à ce type d’entreprises qui sont très désobligeantes, très destructrices, voire dévastatrices. Mais, c’est lui qui voit. Ce n’est pas mon problème. A chacun ses soucis.

Je vais donner deux exemples :


Le premier, c’est quoi cette visite nocturne et ce bain de foule impromptu au festival Imitar d’Agadir ? Pourquoi ? Pourquoi faire ? Mais qu’est-il allé faire dans cette galère ?

On va me dire, comme on me l’a déjà dit, qu’Aziz Akhanouch est quand même celui qui a initié cet évènement, et qu’il est le maire de la ville. Soit. Mais, comment pouvait-il ignorer qu’il était en train de traverser une période très bruyante et très chahutée, et que ce n’est vraiment ni le moment ni le lieu de se montrer en public. Vous savez, une des bases de la communication, du marketing en général et du politique en particulier, c’est qu’il ne faut jamais aller, frontalement, à l’encontre des certitudes des gens. Et si on le fait, dans 99 % des cas, on se casse… la figure. D’ailleurs, on a vu le résultat : des vidéos et des images, truquées ou pas, ça n’a pas d’importance, circulant partout, et qui deviennent des arguments supplémentaires pour « les hashtagueurs » et « les défenseurs du peuple ».


Le 2ème exemple, c’est cette espèce de communiqué qui porte la source de la MAP qui est, jusqu’à preuve du contraire, l’agence de presse officielle de l’État Marocain, et non du gouvernement, et qui essaye très laborieusement de prendre la défense d’Akhanouch, comme s’il était un accusé devant un tribunal.

En tout cas, ce n’est pas à la MAP de répondre aux attaques de la « foule » contre le chef du gouvernement, mais c’est à lui, et à son gouvernement, de se prendre en charge, de prendre leur courage et de venir expliquer à cette foule qui parle au nom du peuple en quoi ils n’ont pas raison de lancer une telle campagne, et en quoi elle pourrait même être dangereuse.


Mais, pourquoi Bon Sang, on ne veut pas nous prendre pour des gens mûrs et matures, et organiser, à travers les médias publics, des vrais débats avec de vrais experts et de vrais contradicteurs qui vont nous expliquer le pourquoi du comment du fonctionnement des choses ? Mais qu’on arrête de nous ramener des soi-disant spécialistes, béni oui-ouistes, ces émargeurs des fins de mois qui viennent répéter ce qu’ils croient être la vérité qu’on veut leur faire dire, ces haut-parleurs mal-parleurs qui font encore plus de mal que ces hashtagueurs qui manipulent la foule et prennent en otage le peuple sous prétexte de défendre ses intérêts.