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Un point d'histoire : L'OTAN, instrument de dominance américaine

Dernière mise à jour : 16 juil.



Traumatisés par l’horreur de la seconde guerre mondiale, les pays européens sont au sortir du conflit à la recherche d’une protection sécuritaire. Les États-Unis se sont empressés de la leur apporter. En pleine guerre froide et alors que s’abat une vague anticommuniste, Washington prend la haute main sur l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et son commandement militaire intégré.


Manière de voir I Juin-juillet 2022


A peine les canons sont-ils rangés et le nazisme défait, grâce aux combats conjoints des armées britanniques, américaines, soviétiques et des mouvements de résistance européens, que la division entre blocs capitaliste et communiste reprenait sa place. L’Union soviétique est pourtant dévastée tandis que la plupart des pays européens sont exsangues. Seuls les États-Unis, malgré les pertes humaines, sortent renforcés du conflit : ils ont montré leur hégémonie militaire, en faisant exploser à Nagasaki et à Hiroshima, au Japon, les seules bombes atomiques jamais utilisées au monde ; ils ont conforté leur force économique en lançant le plan Marshall qui a eu le mérite d’imposer leurs normes tout en aidant l’Europe à se relever.


Il ne manquait qu’une alliance politique et sécuritaire en bonne et due forme : le 4 avril 1949, le traité de l’Atlantique nord (OTAN) est signé à Washington. Un traité fort court — quatorze articles, moins de mille deux cents mots en français - ratifié par douze États : Canada, États-Unis, Belgique, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni. On y défend officiellement le monde libre et l’État de droit mais la seule présence dans cet aréopage du Portugal, alors dirigé par le dictateur Antonio de Oliveira Salazar, suffit à comprendre que le but n’est pas là.


Du côté européen, il s’agit surtout d’arrimer l’Amérique au Vieux Continent dont les dirigeants gardent en mémoire l’entrée tardive dans la seconde guerre mondiale. Quant aux dirigeants américains, ils comptent bien en profiter pour asseoir leur puissance montante, tout en évitant de se lier les mains.


Ainsi, le préambule du Traité en reste à de grands principes généraux : les signataires expriment « leur foi dans les buts et les principes de la Charte des Nations unies… [sont] déterminés à sauvegarder la liberté de leurs peuples, ce qui ne les a pas empêchés de s’associer à une dictature, le régime de Saint Lazare au Portugal.


Du côté européen, il s’agit surtout d’arrimer l’Amérique au Vieux Continent dont les dirigeants gardent en mémoire l’entrée tardive dans la seconde guerre mondiale. Quant aux dirigeants américains, ils comptent bien en profiter pour asseoir leur puissance montante, tout en évitant de se lier les mains.


L’affrontement Est-Ouest reprend alors ses droits en Europe, dès le lendemain de la victoire sur le nazisme. La « peur du rouge » conduit le camp occidental mené par les États-Unis à se réunir au sein de l’Alliance atlantique et à créer un organisation militaire commune. Après avoir essayé de temporiser, l’Union soviétique met sur pied le pacte de Varsovie.


Une vieille institution de la guerre froide revient ainsi sur le devant de la scène : l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Textes fondateurs et doctrines stratégiques sont passés au crible de la pratique : son élargissement à l’est, ses guerres en ex-Yougoslavie, Afghanistan, Libye. Cet instrument-clé de l’influence américaine dans le monde paraît renaître aujourd’hui de ses cendres grâce au conflit ukraino-russe.