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Un salon, ça va, deux salons, bonjour les débats !


Dès l’annonce de cette décision ministérielle, gouvernementale, voire, que sais-je ?, d’encore plus haut, votre serviteur - et il n’était pas le seul - avait rouspété comme il a pu, d’autant qu’il n’était pas convaincu, et il ne l’est toujours pas - par les arguments avancés, notamment cette question de l’indisponibilité de l’espace où le salon était organisé habituellement, à savoir la Foire de Casablanca.

Par Mohamed Laâroussi


Rappelez-vous, beaucoup avaient indiqué à l’époque à monsieur le ministre un autre lieu, à Casablanca, qui offre un confort d’organisation quasi-optimal, en l’occurrence le Centre International de Conférences et d’Expositions de l’Office des Changes. Je crois que c’est après ce rappel, auquel on avait fait la sourde oreille, qu’on avait invoqué cette justification, légitime dans une certaine limite, de « la Capitale de la Culture Africaine ».

Aujourd’hui, on n’en est plus là. La 27ème édition du SIEL a finalement été organisée à Rabat, et bel et bien organisée, c’est le cas de le dire.


Je dois reconnaître - et bien sûr, je ne suis pas le seul - que l’organisation est de très belle facture. Sans mauvais jeu de mots. En effet, je n’écris pas cela pour donner un quelconque crédit à ces sombres crétins qui profitent de toutes les occasions pour taper sur les initiatives culturelles, sous prétexte de trop de dépenses inutiles, mais c’est plus pour préciser que la réussite d’un bel évènement nécessite souvent beaucoup de fric. Quand on aime la culture, on ne doit pas compter.


Je disais donc que cette édition était, sur tous les plans, de toute beauté. J’ai même appris par quelques ami(e)s éditeurs, éditrices et libraires, que le record de vente des livres va probablement être battu durant cette édition. C’est tout le mal que je leur souhaite. L’explication à cet engouement pour la lecture serait que les Rbati(e)s liraient beaucoup plus que les Casablancais. Si cela est vrai, c’est tout à leur honneur.


Entre nous, cela ne devrait pas nous étonner. Rabat n’est pas seulement la capitale administrative de notre pays, elle est aussi une de nos plus belles villes impériales, elle a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle abrite un nombre impressionnant d’institutions à vocation culturelle et artistique, dont la Bibliothèque Nationale, le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, le Musée de l’Histoire et des Civilisations, sans oublier les prestigieuses universités, grandes écoles, Instituts etc… C’est la preuve que la consécration de Rabat en tant que Capitale de La Culture Africaine n’a pas été usurpée.


C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ma position a positivement évolué. Tout cela pour dire que l’organisation d’un Salon International de l’édition et du livre à Rabat n’est absolument pas une aberration. Néanmoins, et quelle que soit la raison qui a poussé à l’organisation de cette 27ème édition du SIEL à Rabat, Casablanca doit garder, aussi, un Grand Salon. Je vous assure que ce n‘est pas seulement le Casablancais qui parle, mais c’est aussi le citoyen marocain, et surtout l‘amoureux fou des livres et de la lecture.


Lors de ma visite au salon de Rabat, j’avais suggéré l’idée de la tenue de deux Grands Salons du Livre, un à Casablanca et un autre à Rabat, et qui seraient organisés à deux périodes de l’année, à quelques mois d’intervalle. Croyez-moi, ce ne serait que justice et sagesse. On pourrait même imaginer des événements similaires dans d’autres villes, mais d’envergure moindre, comme c’est déjà le cas avec celui de Tanger.

Toutes les initiatives qui vont dans le sens de la promotion de la lecture, et donc, de la culture, sont bonnes pour le peuple, et ipso facto, bonnes pour le pays. Voilà. Je l’ai dit.

En attendant un débat que j’espère fructueux sur le sujet, je dis à la semaine prochaine.


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Photo à La Une : Salon international de l'édition et du livre à Casablanca / Crédit SIEL